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Agnes Bensimon

De la place pour un seul amour - de Kalanit W. Ochayon. Traduit de lhébreu par Katherine Werchowski

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DE LA PLACE POUR UN SEUL AMOUR, Kalanit W. Ochayon.  Traduit de l’hébreu par  Katherine Werchowski. Albin Michel. 338 p.

 

De la place pour un seul amour - de Kalanit W. Ochayon. Traduit de l�h�breu par Katherine WerchowskiPour son premier roman, Kalanit Wasser Ochayon, professeur de philosophie à l’Université de Haïfa, pause d’entrée de jeu ses marques  dans le paysage littéraire israélien. Une chose est sûre, il faudra compter avec cette nouvelle voix  qui vient de s’élever avec force.

De la place pour un seul amour met en scène le personnage de Naomi, une femme déjà âgée, solitaire, qui vit totalement en marge de la société, obsédée par la mort incompréhensible de son fils unique Amos, victime, 15 ans plus tôt d’un accident de moto. Sans se soucier des regards, de pitié ou de mépris,  la vieille arpente la route qui mène de Saint Jean d’Acre à Haïfa, tous les jours aller-retour, dans l’espoir fou de découvrir un indice, de trouver l’explication du drame. Elle est l’objet de l’attention de Tamar, la trentaine entamée,  vendeuse dans une épicerie de quartier et qui la croise chaque matin en se rendant à son travail. Cédant à une impulsion, Tamar offre à Naomi de la prendre dans sa voiture et de la conduire où elle le souhaite. Malgré son souci farouche d’indépendance, celle-ci accepte à contre cœur car la semelle de sa chaussure vient de la lâcher. Commence alors entre elles une relation décousue, faite de rejet  d’une part, d’obsession d’autre part,  dont la portée profonde leur  échappe  totalement. Le personnage de Tamar, au fur et à mesure du roman, prend de l’épaisseur, livre les secrets qui entravent son existence. Une existence hantée par la  mystérieuse disparition d’une soeur aînée, âgée de six ans seulement, par la foi dans les signes du destin, et par ce lien inavouable et inavoué qui la lie à la mère d’Amos, son ancien petit ami du lycée.

Une autre femme, bien plus jeune, s’intéresse, de loin, à Naomi. Il s’agit de Sacha, une magnifique brune, amoureuse éconduite de son patron, qui découvre une ressemblance frappante entre la SDF qu’elle aperçoit régulièrement depuis l’arrêt d’autobus le matin et la femme de la photo punaisée sur le mur du bureau de son boss.  Affublée d’une sœur écervelée, prise par la résolution épique de l’héritage de son père, la voix de Sacha relate le troisième point de vue de l’histoire, dans le ton qui sied à la jeunesse.

Le récit se construit au gré de la succession de ces trois voix de femmes, que rien n’aurait réunies si un rabbin clairvoyant n’avait annoncé à Naomi, désespérée d’être stérile, qu’il n’y aurait jamais dans son cœur de la place que pour un seul amour. Et si un mendiant alcoolique n’avait eu un frère jumeau.

Kalanit Wasser Ochayon nous tient en haleine en tissant de main de maître ce drame aux multiples facettes qui continue de résonner en nous quand le livre est refermé.  L’avenir des lettres israéliennes au féminin, aux côtés d’Orly Castel Bloom et de Zeruya Shalev, est assuré.    


Agnes Bensimon

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