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Agnes Bensimon

Blitz et autres histoires - par ESTHER KREITMAN (traduit du yiddish)

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Chers amis,
Une fois n’est pas coutume, j’ai tenu à rendre compte de la parution d’un recueil de nouvelles signées Esther Kreitman, sœur d’Isaac et Israël Singer. Il ne s’agit donc pas de littérature israélienne puisque traduit du yiddish. Mais ce livre est tellement bien que je n’ai pas résisté au plaisir d’en rendre un écho.

Blitz et autres histoires

Blitz et autres histoires - par Esther Kreitmanpar ESTHER KREITMAN

« Aucune femme de lettres yiddish n’écrivit mieux qu’elle. » Tel est l’hommage rendu par Isaac Bashevis Singer à sa sœur aînée, Esther, la première de la fratrie à prendre la plume et à ouvrir la voie au futur Prix Nobel et à Israël Joshua, leur frère, brillant journaliste. Les éditions Calmann-lévy viennent de publier la première traduction en français, par Gilles Rozier, du recueil de nouvelles qu’Esther Kreitman, née Singer, fit paraître en yiddish, à Londres, en 1950 : « Blitz et autres histoires.» Tirées de l’oubli, ces nouvelles font vivre des personnages hauts en couleur, émergeants des deux mondes auxquels Esther Kreitman se rattachait, le shtetl de son enfance et l’East End juif de Londres. Avec finesse, ironie et tendresse, elle dresse des portraits attachants, restitue l’atmosphère de ces univers disparus. Ses talents littéraires sont une réelle découverte. La nouvelle « Un nouveau monde » ouvre le recueil sur une note particulièrement émouvante et originale. Un bébé de sexe féminin y relate, plein d’espoir, sa venue au monde imminente puis  l’amère expérience du rejet maternel et familial, en raison de son appartenance au sexe faible. « Echo au sort tragique d’Esther, placée en nourrice par sa mère qui refusa longtemps de la voir.» Dans sa remarquable préface, Paule-Henriette Levy évoque la vie difficile de l’aînée des Singer, née en 1891 en Pologne orientale. Avide d’apprendre, de lire et d’écrire, à l’instar de ses frères plus jeunes, elle se heurte au refus catégorique de ses parents d’échapper à sa condition de fille. Refus d’autant plus incompréhensible à ses yeux  que sa mère, Basheva, est une femme intelligente et très instruite. Dans son premier roman « Der sheydim-tants », paru en yiddish à Varsovie en 1936, elle place cette discrimination au centre du récit. La reconnaissance publique de son talent, par son frère Isaac ne survient que bien après sa mort, et de manière discrète.

 Il convient maintenant aux lecteurs de découvrir et d’apprécier cette habile narratrice injustement laissée dans l’ombre.

Agnès Bensimon

 

 

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