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Agnes Bensimon

Jérusalem fait place à la littérature

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Rencontres littéraires à Jérusalem

Le moulin sera remis en tat de marche dici la fin de lanne. Et pour la dure des travaux, il est protg par une bche joyeusement illustre par Michel Kichka La troisième édition du Festival International des Ecrivains s’est tenue à Jérusalem  du 13 au 18 mai 2012, dans le cadre exceptionnel de Mishkenot Shaananim à deux pas du célèbre moulin de Moïse Montefiori, face aux remparts de la vieille ville. Ce moulin sera du reste remis en état de marche d’ici la fin de l’année, grâce au soutien financier de Hollandais appartenant au mouvement Christenen voor Israël. Et pour la durée des travaux, il est protégé par une bâche joyeusement illustrée par Michel Kichka. « Nous pourrons bientôt faire du pain et des gâteaux comme autrefois » se plaisait à expliquer Uri Dromi, le directeur de Mishkenot Shaananim lors de l’inauguration du Festival.
 
 
 Cinq jours durant, 45 rencontres littéraires avec 65 participants, israéliens et étrangers, ont été suivies par un public attentif, passionné et nombreux. Bien sûr, les deux soirées en présence des ténors des lettres israéliennes, Amos Oz et David Grossman, ont remporté un franc succès par leur qualité, par l’aura d’humanité, de simplicité et de sensibilité qu’ils dégageaient et l’ on pouvait véritablement sentir le courant passer entre le public et les auteurs.  Amos Oz a évoqué son dernier recueil de nouvelles « Entre amis » (parution prévue en janvier 2013 chez Gallimard) qui rappelle la vie au kibboutz, dans une sorte de nostalgie de la solidarité qui existait alors entre ses membres, et au-delà dans toute la société israélienne. Un recueil de nouvelles, sur le thème de l’amitié, qui fait suite à « Scènes de la vie villageoise » (Gallimard 2010), en attendant la parution de l’opus auquel il travaille quotidiennement depuis près de dix ans.
 David Grossman  présentait son roman « Hanofel bein Hazman »  « Falling out of Time », explorant les voies du deuil, six ans après la perte de son fils cadet. Une remarquable lecture d’extraits par des acteurs du Théâtre Ruth Kanner a fait ressortir la richesse poétique de son écriture, quand la voix nuancée de Yehudit Ravitz permettait à l’émotion de se diluer. Ce fut assurément la plus belle soirée du festival, celle où le charisme de l’homme rencontrait l’empathie respectueuse du public.
Mais la présence courageuse de l’écrivain algérien Boualem Sansal lui a donné  sa couleur et sa chaleur. Accusé de « haute trahison envers la nation arabe et le monde musulman », il a été soumis à des pressions et des menaces, dès lors qu’il a fait connaître sa décision de répondre positivement à l’invitation des organisateurs. Arrivé en Israël, le public lui a réservé un accueil triomphal, tant à Jérusalem qu’à Tel Aviv où il était également l’invité de l’Institut Français. « Je suis allé à Jérusalem… et j’en suis revenu riche et heureux », a-t-il tenu à proclamer dans une lettre magnifique à ses « frères et amis, d’Algérie, de Palestine, d’Israël et d’ailleurs » et publiée dans le  Huffington Post le 24 mai. Boualem Sansal est un véritable intellectuel, conscient du rôle qu’il a à jouer en faveur de la démocratie. Sous une douceur réelle, perceptible à son visage, au ton de la voix, il affiche une volonté de fer de ne pas céder le terrain aux extrémismes. Aussi a-t-il choisi de demeurer en Algérie, en dépit des menaces.
L’humour était au rendez-vous de ces rencontres littéraires qui réunissaient des duos ou des trios percutants, suscitant une atmosphère légère, familière qui incluait ainsi le public dans les débats. « Génération X » , notamment, rassemblait l’Américain Gary Shteyngart (auteur de Absurdistan) -imaginez Woody Allen écrivain, Etgar Keret, le plus drôle des auteurs israéliens, avec Sayed Kashua, et enfin le Hollandais Arnon Grunberg, plus pince sans rire. De remarquables écrivaines étrangères ont participé avec succès au Festival. L’Argentine Claudia Pineiro, auteure très populaire, de romans fustigeant la bourgeoisie de son pays, Tracy Chevalier,  mondialement connue pour son roman « La jeune fille à la perle », l’Islandaise Solveig Eggerz et l’Américaine Aimée Bender.

La troisième édition du Festival International des Ecrivains a convaincu le public et reçu une presse abondante et très positive. Elle devrait servir de tremplin pour une meilleure connaissance de la littérature israélienne à l’étranger et pour une meilleure connaissance de la littérature étrangère en Israël. Les Israéliens en sont friands, et les traductions en hébreu fort heureusement nombreuses. Il se pourrait que, prochainement, la Belgique joue un rôle modeste dans cet apport. Nous aurons l’occasion d’y revenir. En attendant, rendez-vous est pris avec David Grossman qui sera à Anvers et à Gand le dimanche 9 septembre 2012, à l’occasion de la parution de son dernier roman en néerlandais, aux éditions Cossée. Une initiative de Sigrid Bousset, directrice de Passa Porta et invitée au Festival des Ecrivains de Mishkenot Shaananim, ainsi que Ana Garcia et Roberto Cassol, responsables de la Foire du Livre de Bruxelles.

 

Agnès Bensimon

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