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Claire Bondy

En évidence cette quinzaine : 05/03/2013

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Bienvenue chez Claire Bondy: Au remède des mots
Paul Valéry: Chaque pensée est une exception à une règle générale qui est de ne pas penser.
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En évidence cette quinzaine : 05/03/2013
 
Trois événements à signaler en ce début mars 2013
 
Mardi 5 mars, 18h30:
Shimon Peres, Président de l’état d’Israël, sera l’hôte de marque du Palais des Académies, 1, rue Ducale 1000 Bruxelles.
Monsieur Hervé Hasquin, secrétaire perpétuel, le recevra pour une séance académique publique.
 
            Du jeudi 7 mars à 10 heures au lundi 11 mars 18 heures
Foire du livre de Bruxelles: Tour et Taxis
86c, avenue du Port 1000 Bruxelles
Métro: ligne 2. Arrêt Yser ou Ribaucourt
Le programme détaillé des activités, débats, entretiens, rencontres et dédicaces est consultable sur le site
N.B. Vendredi 8 mars, nocturne jusqu’à 22 heures
           
Si l’hôte d’honneur est l’Espagne avec comme thème générique Ecrits meurtriers, il importe de souligner la dignité du cri de révolte de la Commissaire générale de la Foire du Livre, Madame Ana Garcia.
Il se fait qu’un certain Bart de Wever s’est placé comme invité puisqu’il a réuni dans un livre ses discours et autres déclarations.
La présence à la Foire du Livre du bourgmestre NVA d’Anvers a provoqué la protestation véhémente de Madame Ana Garcia. Néanmoins, le mal est fait.
 
Pour le thème, Ecrits meurtriers, il s’agit surtout d’Ecrits Meurtris pour la période allant de 1936 à 1985.
1936: début de la guerre civile espagnole, sanglant prélude à la seconde guerre mondiale. Les livres des auteurs dont quelques noms suivent, font le récit des différents exils de ceux qui échappèrent aux massacres perpétrés par la junte illégale.
 
Notons que les traductions en français nous donnent une pleine vue sur la création littéraire espagnole contemporaine.
L’ambassade d’Espagne et l’Institut Cervantès de Bruxelles ont largement contribué à toutes les joies littéraires que la Foire offre.
 
Quelques noms d’auteurs, -exilés voyageurs -, honoreront la Foire de leur présence:
Elia Barcelo: elle vit à Innsbruck où elle enseigne l’espagnol à l’Université; Xavier Alcala, Javier Cercas; Abilio Estévez: né à La Havane et vivant à Barcelone; José Manuel Fajardo, né à Grenade et vivant à Lisbonne; Carlos Salem, né à Buenos Ayres, et vivant à Madrid depuis 1988. Son bar, el Bukovski, est le rendez-vous d’écrivains, musiciens, photographes etc.
           
De manière générale, chez tous ces écrivains, on constate un intérêt majeur pour les nuisances du IIIe Reich qui a emmené dans son sillage la junte franquiste de l’Espagne.
 
La Foire, rdv. de la BD, présente aussi ce qui se fait en bd. espagnole.
N’oublions pas que cette 43e Foire s’inscrit, comme les précédentes, dans la multiculturalité et s’adresse à tous. Enfants, ados, adultes nul n’est oublié.
 
La richesse dynamisante des auteurs israéliens de renommée internationale: stand 222 Lettres israéliennes: Avraham Yehoshua, Amos Oz ( voir ci-dessous la chronique à propos de son recueil de Nouvelles Entre amis, éd. Gallimard  (310); Yoram Kaniuk, Ronit Matalon et
David Grossman (Tombé hors du temps éd Seuil) qui sera présent durant deux jours: vendredi 8/3 19h30  319 et samedi 9/3 17h. (209):lecture d’extraits de son livre, prix Médicis étranger 2011 et
Signatures (18h – 19h30) 222, Lettres israéliennes et 226, éd. du Seuil
 
Vendredi 8/3 et samedi 9/3 (18h-21h) Laurent Sagalovitsch Un Juif en cavale  éd. Actes Sud (voir chronique ci-dessous): signatures au 102
 
 
Amos Oz     Entre Amis     éditions Gallimard
                     Traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen
            Né à Jérusalem en 1939 de parents sionistes, Amos Klausner perd sa mère à l’âge de 12 ans: elle se suicide. A 15 ans, il se choisit son patronyme –Oz- (ténacité, force) et part vivre dans le kibboutz de Houlda. Il y reste jusqu’à ce qu’il doive le quitter avec sa famille à cause de l’asthme de son fils.
            Publiant depuis 1966, il obtient beaucoup de Prix Littéraires, tant en Israël qu’à l’étranger.
Durant la guerre des Six Jours, il est affecté à une unité de tanks dans le Sinaï. Pendant la guerre de Kippour, il est appelé au plateau du Golan.
 
            Ses livres sont autant de champs d’exploration des êtres humains: espoirs, déceptions, interrogations et autres doutes.
 
Entre amis réunit huit Nouvelles dont chacune pourrait être le chapitre d’un roman constitué par l’ensemble de celles-ci. Tel personnage, mis en lumière dans telle Nouvelle, participe à telle autre.
Nourries de l’expérience et de l’imagination réaliste de l’auteur, elles dégagent une impression douce-amère et bercée de mélancolie sur un arrière-fond balisé par la loi commune du kibboutz: l’individu se plie à l’usage…moyennant certains accommodements posant questions et commentaires.
            Une lecture qui vous imprègne d’une musicalité agréable mais où un mot, un adjectif inattendu d’après le contexte, capte davantage l’attention, vu la surprise ainsi provoquée.
 
Dans la première Nouvelle, Tsvi Provizor occupe une fonction capitale au kibboutz Yikhat: jardinier. Et sans avoir jamais pris de congé maladie en 22 ans de travail impeccable! Caractéristique de ce modèle d’homme: apostropher chacun pour annoncer les mauvaises nouvelles du monde. Ceux à qui il s’adresse, deviendront tour à tour les personnages principaux des autres Nouvelles.
            Pourquoi –le roi de Norvège-? Fin logique, drôle et brève.
 
En quelques pages, nous vivons le quotidien du kibboutz et même ses variantes au fil des saisons.
Par exemple, Osnat, dans la Nouvelle Deux femmes, subit une situation personnelle pénible, tout en accomplissant ses tâches à la lingerie dès 5 heures du matin.
Il s’agit de gérer le kibboutz de façon optimale, en dépit de l’un ou l’autre motif de discorde entre deux responsables, chacun renâclant devant la doctrine politique de l’autre.
Quant aux relations solidaires entre deux individus, elles peuvent s’avérer difficiles à gérer…surtout lors de l’assemblée générale! Tout le monde est au courant de tout.
            Remarquable Amos Oz qui, fort de ses années passées au kibboutz, tisse les aléas privés sur un fond de distribution bien répartie du travail et dont il détaille les tâches: la terre, les outils, les appareils etc.
 
            Le narquois Roni Schindlin glisse ses remarques acidulées en leit-motiv. Lui aussi occupera une place centrale dans une Nouvelle où on le découvre véritable papa-poule envers son fils et ayant une frousse bleue de son épouse, la sévère Léa.
On parle du temps qu’il fait; on attend la pluie fertilisante; de plus, on ne se prive pas de critiquer David Ben Gourion, alors chef du gouvernement.
L’action se déroule à l’époque des pionniers.
           
            Quant à l’élève Moshe Ishar, il demande à son professeur, le si séduisant David Dagan, la permission de rendre visite à son père –en ville-, sa timidité maladive l’empêchant de préciser qu’il veut aller à l’hôpital saluer son père en piteux état.
Moshe, l’adolescent craintif , en butte aux moqueries et harcèlements divers de la part de ses –copains-.
Il prend soin de mettre sa kippa pour pénétrer dans l’hôpital tout en ruminant sur sa -différence- et enviant l’audace de ses camarades, bourreaux de l’intellectuel qu’il est.
 
 
L’auteur n’oublie pas le village arabe voisin, Deir Ajloun, désormais une ruine.
Non plus que celui qui, au mépris de la loi du kibboutz, accepte l’invitation de son oncle, autre transfuge du kibboutz, d’aller étudier à Rome. Bien sûr, le kibboutz s’insurge au nom de l’égalité de tous.
            Bel unanisme final s’obligeant soi-disant à l’étude de la langue égalitaire par excellence, l’espéranto. Le professeur improvisé est convaincu et convaincant. Et pourtant…!
 
            Les 8 Nouvelles sont comme murmurées sur un mode mineur dont la tonalité s’insinue au plus profond du lecteur car c’est avec sa sensibilité et son ironie nimbée de tendresse qu’Amos Oz nous les offre.
 
Laurent Sagalovitsch     Un Juif en cavale     éd. Actes Sud
            Par quel hasard ou miracle, le Parisien Simon Sagalovitsch, ce pauvre petit juif écrasé d’angoisse, se voit assigné à résidence à Tel Aviv, côté Jaffa? Vous l’aurez appris en ayant lu le précédent tome de la saga de Simon: La Métaphysique du hors-jeu, roman précédé du premier de la série Loin de quoi?
            Même hors de l’agité cocon familial, Simon parvient difficilement à s’en dégager. Sa sœur Judith, quoiqu’elle aille mieux, l’inquiète; sa mère le poursuit de ses jérémiades téléphoniques, pleurant sur son rôle de sacrifiée sur l’autel de l’ingratitude de Simon. Quant à Georges, son père, fan du ballon de football comme son fils, il est bien le seul à conserver…le ballon au centre du terrain!
Heureusement, il y a Daniel, le frère aîné, en cheville avec les puissances bancaires et politiques du monde entier.
 
N’oublions pas Monika, la bombe sexuelle batave, qui a suivi Simon…qu’elle comble mais épuise.
Plongé de but en blanc en Israël, Simon ne se souvient que des quelques syllabes d’hébreu que lui a fait ingurgiter un apprenti rabbin en vue de sa bar-mitsvah.
            Ici, comme dans les deux tomes précédents, Simon boit beaucoup, se calme à coups de tranquillisants (le témesta de préférence) et se livre aux chauds ébats érotiques impulsés par son insatiable Monika.
Le voici parti à la découverte de Jaffa où il loge et où il profite des conseils de l’épicier arabe Moncef.
 
            Le lecteur apprend à connaître la différence entre l’enclave de Jaffa avec ses grappes de femmes, vêtues de noir de pied en cap et la Tel Aviv moderne qui rappelle les immeubles de La Grande Motte.
Il s’agit d’enseigner la langue française à Monika entre deux prises de témesta, trois séances de jambes en l’air et mille et une réflexions sur le football, la passion de Simon.
           
Laurent Sagalovitsch, nous emmène à la découverte d’Israël en procurant à son héros des moyens de locomotion parfois vétustes. Sans compter les effarants embarras de circulation, commentés à grand renfort de cris.
 
Quand Simon s’avise de prendre un bus, il écarte aussitôt les bras pour se faire fouiller par le chauffeur…qui prend l’air ahuri. Simon, sachant que les attentats terroristes se produisent souvent dans les bus, est indigné de constater une telle désinvolture face au danger!
Si le chauffeur se révèle supporter de l équipe de football du Paris Saint Germain, Simon adore surtout l’ancienne équipe triomphante de Saint Etienne.
Pour le moment, il observe la vie trépidante de Tel- Aviv où comme à Paris on pratique l’art de l’évitement et de la confrontation avec soi.
Ne voyant personne porter la kippa dans le bus, il se demande s’il est monté dans le seul réservé aux seuls goys vivotant à Tel-Aviv. Non car ils possédaient tous ce regard malicieux et triste, ce nez tarabiscoté et grandiloquent rappelant l’atmosphère des shtettels d’autrefois.
            Soulagement de Simon: à l’office du tourisme, il est fouillé de fond en comble.
Shabbat à Tel-Aviv oblige au taxi pour rentrer à Jaffa où l’épicerie de Moncef est ouverte. Celui-ci raconte à Simon l’histoire de Tel-Aviv-Jaffa, vue par un Arabe paisible.
            La découverte émerveillée de la mer s’accompagne de celle, très étonnée, de la plage bondée où Simon et Monika s’ajoutent aux autres.
 
Le lendemain, dimanche, Dizengoff, réplique éhontée de la rue d’Aboukir. Simon se sentant honteux de ne pas parler hébreu, se rêve président du CRIF et imposant l’apprentissage de la langue pour ne plus rencontrer son pareil, le cancre de service ou le renégat assimilé et désenjuivé.
            Enfin:le football en Israël! Simon assiste à quelques matches avec Moncef et fait la connaissance de Juan avec qui il parle de Zidane et de son coup de boule. Juan, né à Buenos Ayres d’une mère française d’origine juive andalouse et d’un père spécialiste du grand poète Borgès. Juan est un mythomane aussi sincère que Simon.
A eux deux, ils vont croire mettre sur pied une équipe de football de joueurs nés en France: syndrome Aimé Jaquet.
            Il ne reste plus à Simon, promu –coach- de l’équipe, qu’à espérer la pluie pour que le match n’ait pas lieu.
Quel match? Simon préfère accomplir son pèlerinage à Massada, à l’instar de milliards de pèlerins. Seule différence entre eux et lui: il y va à fond.
 
Toujours étonnant, Laurent Sagalovitsch est d’une drôlerie aussi surréalisante et calembourdingue que l’équipe de foot envisagée par son héros.
Le statut de Juif, l’Etat d’Israël, Tel-Aviv, sans compter Jérusalem et tout ce qui n’est pas mentionné ici: On n’en perd pas une goutte!
 
 
Et enfin,
            Ars Musica 2013
Le titre général de cette année: PLAY TIME
            Le ton est donné par le Directeur du festival, Tarquin Billet et par le Commissaire artistique 2013, le chef d’orchestre Patrick Davin.
Le printemps de la Musique Contemporaine classique se déroule du 8 au 24 mars.
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préface à la Monnaie le 8/3
ouverture le 9 mars.
1913-2013
Hommage aux cent ans de la création du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky.
Journée entière dévolue à ses œuvres les plus connues et interprétées par diverses formations (duo piano, quatuors, orchestre).
Tout au long du mois et dans plusieurs lieux propices de Bruxelles (Flagey, Académie Royale de Belgique, Conservatoire, La Cambre, Kaai Theater, la Raffinerie, Palais des Beaux Arts, Marni etc) se dérouleront concerts, colloques, discussions, débats, rencontres avec les artistes.
Une pléthore d’interprètes internationaux et belges, de chefs d’orchestre et de concerts.
Très mportant: les compositeurs .
Certains d’entre eux, jeunes encore, sont très connus; d’autres sont à redécouvrir ou découvrir. On entendra, entre tant d’autres, des oeuvres Pascal Dusapin, Jean-Luc Fafchamps ou Alberto Posadas.
Pour certaines pièces, Ars musica réalisera une création mondiale; pour d’autres, il s’agira de la création en Belgique.
Qu’on se le dise: Ars Musica offre près de 3 semaines de découvertes et redécouvertes.
Pour tout savoir en détail:
 
 Claire Bondy
 
 

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