Accueil - sefarad.org
 
Claire Bondy

En évidence cette quinzaine : 04/07/2013

    MENU    

SEFARAD.org
Bienvenue chez Claire Bondy
AIDEZ-nous
Page PRECEDENTE

Bienvenue chez Claire Bondy: Au remède des mots
Paul Valéry: Chaque pensée est une exception à une règle générale qui est de ne pas penser.
...........................................
En évidence cette quinzaine : 04/07/2013
 

Justine Augier         Jérusalem     éd. Actes Sud

                                   portrait

                                   collection –un endroit où aller-

            Il s’agirait plutôt d’un kaléidoscope dont les brisures pseudo imagées donnent des impressions particularistes, partielles et partiales de Jérusalem. Où serait le portrait?!

 

Auteure de deux romans avant ce patchwork décousu, J. Augier de Sarnez, épouse d’un haut fonctionnaire international, est une personne cosmopolito-droitsdel’hommiste distinguée.

            Elle arbore une discrétion modeste en faisant parler quelques quidams de Jérusalem où son époux fut en poste durant cinq ans avant d’être envoyé depuis peu à New-York.

Il s’agit ici d’une écoute charitablement compassionnelle.

 

Le choix de ceux qui racontent des bribes de leur vie est unilatéralement logique.

Commençant au plus proche, elle recueille les souvenirs de E., sa voisine dans le quartier cossu de la ville.

            C’est que E., rescapée de la Shoah, a l’esprit ouvert: elle comprend la souffrance des Palestiniens tout en étant fière de l’Etat d’Israël. Elle y redoute les avancées de l’ultra orthodoxe.

 

            A propos d’Etat: S. accueille celle qui écoute. Elle lui montre son patriotisme palestinien vieux de trois ans: tout cela est affaire de papiers à obtenir.

Auparavant, S. venait en vacances un ou deux mois: le temps d’apprendre des oncles comment on devient un vrai Palestinien!

L’auteure a honte d’avoir mis tant de temps à prendre conscience de la Nakba. Elle ne comprend pas pourquoi quand même 700.000 personnes qui partent comme ça. Elle constate, par photos interposées, comme la ressemblance entre S. et elle-même est frappante. Langage à peine imagé de celle qui s’est investie dans le travail humanitaire.

 

            Un ennui: dans leur ensemble, les Israéliens ne sont plus des Juifs qui font pitié.

Il est honteux, n’est-ce pas, d’avoir troqué le malheur visible pour la vitalité ensoleillée.

            Que Justine Augier, fille de Marielle de Sarnez, se rassure: en Israël, il existe des citoyens pauvres et dignes. Dignes de son intérêt ?

 

Voici C. et S.: arborer ou non le keffieh d’Arafat.

S. insiste sur la chaleur sympathique que lui témoignent les femmes palestiniennes. Sa mère à elle n’est pas patriote; mais son frère aîné reste impliqué dans des bonnes œuvres pour les Palestiniens, mais de loin.

 

C.: le Palestinien en colère. Ah! Obtenir le statut de la part des Israéliens quand ils ont occupé Jérusalem Est. Ah! Ce temps disparu où des Juives épousaient des Arabes!

 

Au tour de cet Israélien d’extrême gauche et à l’écoute des pauvres Palestiniens.

Madame Augier semble regretter le temps des Juifs apeurés: situation qui confortait au moins la passion charitable.

 

            Les citations de nombreux auteurs présentent l’avantage de textes bien écrits. On y trouve Mahmoud Darwich, Léon Uris, le cinéaste  Avi Mograbi (Israélien anti sioniste), Amos Oz, Aharon Appelfeld, Elias Sanbar et bien sûr Primo Levi puisqu’il parle de la Shoah.

 

            Certes, il y a des pensées qui roulent dans la tête de l’épouse de R. (le haut fonctionnaire international). Elle s’efforce de comprendre le danger qui guette les habitants de Sderot, si proche du Hamastan.

 

Oui, il y a le luxe des happy few de Ramallah; oui, c’est indécent.

Citations de Haaretz rendant compte de ceux qui se sont immolés par le feu. Egalité: deux Israéliens, deux Palestiniens.

 

La bonne dame passe dans une colonie dont les maisons sont en cours de construction.

Ailleurs des colons revendiquent leur droit après avoir acheté des terres. Il n’y avait personne avant qu’on s’installe : parole d’un membre du Goush Katif et dont la population s’est retirée en 2005, lors du désengagement de Gaza.

 

            Un tas d’Israéliens se disent mécontents de leur Etat (le frère de N.).

 

En bref, Israël est pointé par un doigt anonymement discret et qui est celui de Justine Augier.

Les Israéliens ont l’immense tort de ne pas faire pitié: la dame, porteuse de compassion, se sent inutile auprès d’eux.

Cela n’est pas juste, Justine Augier!

 

On ne saurait trop conseiller à l’auteure de réviser quelques notions élémentaires de syntaxe française dès lors que les interviews de tous ces porteurs d’initiales ont été transcrites dans un livre écrit en français.

Par exemple:

-Ils doivent comprendre…..que ce n’est pas une mauvaise chose, qu’Israël est là, dans le monde arabe,….-

            remplacer par –soit-, subjonctif

E. page 87: -il fallait que ce soit un miracle

            Remplacer par –fût- subjonctif imparfait après imparfait dans la principale.

Page 93: -On a du mal à gagner notre vie-

            Soit: on a du mal à gagner sa vie        3e pers. sg avec 3e pers. sg

            Soit: nous avons du mal à gagner notre vie   1e pers. pl. avec 1e pers. pl.

Page 148: -quand je pense aux synagogues qu’on les a laissé brûler-

            Correct: quand je pense aux synagogues qu’on a laissé brûler

 

Libre à tout lecteur de relever les autres fautes de langue non mentionnées ici.

                                                                      C.B. (of course)

- Copyright © sefarad.org - 1997 - 2016

CONTACT

Retour au site sefarad.org -