Accueil - sefarad.org
 
Claire Bondy

En évidence cette quinzaine : 04/11/2013

    MENU    

SEFARAD.org
Bienvenue chez Claire Bondy
AIDEZ-nous
Page PRECEDENTE

Bienvenue chez Claire Bondy: Au remède des mots
Paul Valéry: Chaque pensée est une exception à une règle générale qui est de ne pas penser.
...........................................
En évidence cette quinzaine : 04/11/2013
 
 

Benjamin Stora et Abdelwahab Meddeb   éd. Albin-Michel
Histoire des relations entre Juifs et musulmans des origines à nos jours

             Dans ce vaste livre de quelque 1200 pages, les deux auteurs cités sont les directeurs

 de l’ouvrage qui est riche de nombreux contributeurs, tous spécialistes de l’Histoire difficile

se déroulant entre Juifs et Musulmans. Ce sont les époques fastes et, unilatéralement néfastes

à l’encontre des Juifs, que cette importante encyclopédie retrace minutieusement.

 

Il y eut bien sûr des périodes de tolérance dont on peut regretter la

rareté. Elles aussi émanaient du fait du Prince!

 

Les spécialistes du monde entier qui collaborent à cet important volume tentent

d’élargir leur propos au-delà de l’étroit chemin, soit juif, soit musulman. On ne fonctionne ni selon les communautarismes non plus que les nationalismes.

Ainsi, on obtient une vue historique globale des pays où vécurent en harmonie et/ou en conflit  Juifs et Musulmans.

N’oublions pas que l’heure en est au globalisme.

 

            On passe par trois continents, d’est en ouest, du nord au sud.

Maroc, Iran, Inde, Andalousie, Yémen, Algérie, Egypte, Mésopotamie aussi bien que les Balkans ou l’Asie mineure…

 

A cela s’ajoute l’Histoire de l’édification des empires musulmans jusqu’à celle des puissances coloniales. Ou comment les différents peuples s’accommodent de la culture véhiculée par les puissants du moment. Sans oublier les professions choisies par les uns ou les autres. Et tout ce qui détermine la représentation de l’Autre ainsi que son comportement.

            Car la place de l’Autre dans une société est révélatrice de ses fondations.

Voilà comment de l’universel, on passe par le particulier sans négliger le singulier.

 

Un travail d’ensemble à la pointe de la modernité.

 

 

 

Le livre noir de l’occupation  israélienne    éd .Autrement

            Les soldats racontent

Préface de Zeev Sternhell, professeur émérite en sciences politiques de l’Université hébraïque de Jérusalem

            Traduction de l’anglais américain par Samuel Sfez.

 

            Le Professeur Sternhell préfère utiliser le terme briseurs de glace en lieu et place de la traduction exacte de l’hébreu qui est  briseurs de silence.

Il y aurait un glacier concernant les Territoires occupés et que le préfacier stigmatise en conspiration du conformisme.

Yehuda Shaul a fondé l’association Breaking the silence. Ce trentenaire est issu d’une famille orthodoxe qui lui a fait fréquenter un lycée talmudique dans une colonie de Cisjordanie où elle vit.

Quand le jeune homme sert dans Tsahal comme sergent, il commande  entre 2001 et 2004 le 50e bataillon, brigade Nahal. Nous sommes en pleine seconde Intifada. Pendant 14 mois, la brigade est à Hébron.

En 2004, Breaking the silence naît. D’anciens soldats se mettent à parler d’une certaine réalité dans les territoires.  L’association est très connue en Israël, les médias israéliens en ayant abondamment parlé.

 

            Par voie de conséquence, la controverse clamée par les réponses apportées par une foule de recrues du contingent, devient bien vite celle de la gauche contre la droite israéliennes. Sans oublier les soldats qui se situent plutôt au centre du fouillis de l’échiquier politique.

 

            L’occupation  mettrait en doute le sionisme-même car elle obéirait à la notion de colonialisme. La péface retient quand même l’accession à la souveraineté  pour les Juifs, c’est-à-dire au statut de citoyens. Zeev Sternhell insiste sur le retour à la situation de 1948, regrettant que la droite israélienne pousse l’Etat palestinien à la vassalisation.

            Il semble avoir oublié que les voisins du nouvel Etat créé en 1948 n’ont jamais accepté la viabilité de celui-ci! Et, en stratège de papier, il indique aux Israéliens de cesser d’étendre leur frontière à l’est, et aux Palestiniens de renoncer aux velléités de retour à l’ouest de la ligne de cessez-le-feu de 1949 !

 

            Il insiste sur l’engrenage dans lequel la société israélienne serait enfermée: celui de se comporter comme dans la période préétatique.

Moralité de Zeev Sternhell: halte aux risques d’un nationalisme débridé dont font preuve Israéliens et Palestiniens. Il accuse même les autorités israéliennes de la Cisjordanie d’avoir installé une sorte de maffia, protégeant les uns au détriment des autres.

            D’où son engagement aux côtés des Briseurs de silence.

 

Les exemples des dires des soldats, chargés de défendre Israël lors de la 2e intifada et témoins de mesures militaires et administratives injustes, sont légion.

Interrogatoires musclés, déjections laissées exprès, permis de travail confisqués, expropriations…

Livre en quatre parties:

  1. Tout ce qui a trait aux actes d’intimidation, repris sous le terme Prévention
  2. Nous voici dans les contrôles (décortiqués), expropriations  et annexion
  3. La trame de vie détaille l’administration civile des Palestiniens.
  4. Quant à l’application de la loi, les témoignages en soulignent le double régime.

Pour chaque témoignage, le lecteur apprend de quelle unité militaire le soldat qui parle provient; le lieu où ce qu’il rapporte s’est produit ainsi que l’année à laquelle il est fait référence.

 

      Après les 383 pages des paroles de soldats, figurent une carte géographique des Territoires de Cisjordanie; une carte des différents check-points ainsi que le Mur de séparation et enfin une autre carte des territoires après l’opération Plomb durci de 2009.

Sans compter des notes explicatives pour chaque partie ainsi qu’un glossaire.

 

      Nul doute que le contenu du livre qui a fait du bruit en Israël, risque de produire un effet mi-figue mi-raisin dans sa version en langue française parmi la diaspora juive.

 

Janine Elkouby   Chroniques bibliques au féminin   éd. Albin Michel

      On ne peut que se réjouir de voir de plus en plus d’auteurs féminins. L’égalité avec les collègues masculins joue sur tous les tableaux.

Dans les bons comme dans les moins bons livres pour s’exprimer avec euphémisme.

On se souviendra des exégèses bibliques féminines traitées par le philosophe Marc-Alain Ouaknin.

C’est partiellement le travail auquel Janine Elkouby s’est attelée.

 

            L’agrégée  de lettres classiques qu’elle est, a fait sien le thème des femmes de la Bible. On connaît la très grande force de caractère de la plupart d’entre elles.

            L’auteur donne des cours et des conférences traitant de ce sujet. Son livre, parti d’Eve et se clôturant sur Esther, parle.

 

Il se fait que l’écriture donne l’impression d’être la stricte copie d’un enregistrement parlé. D’où trop souvent cette impression de bavardage faisant preuve d’une érudition éloquemment démonstrative.

 

Connues et à peine moins connues se succèdent sur le ton d’un récit à la contemporaine, c’est-à-dire désireux de se faire comprendre de tous ceux qui, forcément, seraient moins connaisseurs que la conteuse.

Car il s’agit de contes suivis de leurs références bibliques.

 

            Qu’est-ce qu’elles causent, les grandes héroïnes!

Car ce sont elles qui racontent.

Cette logorrhée destinée à se faire entendre des plus modestes, fonctionne au détriment de celle qui l’utilise.

                       Dès lors qu’il s’agit d’un livre, il serait bon de se rappeler que la réalisation d’un écrit n’est pas l’exacte reproduction de l’oral quand bien même les 192 pages de celui-là s’appuient sur le socle du Talmud et du Midrach, références se succédant avec une précision sidérante de monotonie.

            Le mieux: persister dans l’oralité.

 

Marcel Proust   Lettres à sa voisine   éd. Gallimard

            En 1913  «Du côté de chez Swann» est le premier volume publié de son œuvre monumentale «A la recherche du temps perdu»

Les  nombreuses célébrations du centenaire de cet événement ont livré une floraison non négligeable de livres.

Il ne reste que quelques semaines pour découvrir un éventuel inédit…

 

            C’est ce que les éditions Gallimard ont réalisé en publiant ces Lettres à sa voisine d’étage sous la direction d’Estelle Gaudry et de Jean-Yves Tadié qui signe l’avant propos du livre.

Il s’agit de 23 lettres à une dame et de trois autres adressées à son mari. C’est que Madame Williams est l’épouse d’un dentiste américain qui exerce au deuxième étage du bâtiment du boulevard Haussmann dont le grand écrivain occupe le premier étage et souffre des bruits émanant de la roulette, instrument de travail du dentiste et second époux de la dame.

            Comme tout ce qu’écrit Proust, il s’agit de lettres brillantes d’humour, de culture et de l’art du compliment du plus grand auteur de la littérature française.

            Les lettres évoquent le bruit, nuisance intolérable à Proust.  La voisine jouant de la harpe, les lettres ne se font pas faute de parler musique et bien sûr, de la maladie dont ces deux reclus souffrent. Au fil des lettres échangées, le ton se fait plus proche, voire amical.

L’immeuble devant être vendu, l’un  et l’autre déménagent. Fin des lettres. 

 

Claire Bondy

- Copyright © sefarad.org - 1997 - 2016

CONTACT

Retour au site sefarad.org -