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En évidence cette quinzaine : 19/12/2013

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En évidence cette quinzaine : 19/12/2013
 
   éd. Hermann, coll. Le bel Aujourd’hui
            Quand le philosophe Marc de Launay, traducteur de l’allemand, s’attache à un auteur, on peut tabler sur la qualité de celui-ci, en l’occurrence le philosophe polonais Roman Ingarden…et peut-être davantage sur la présentation-préface de Marc de Launay dont le style, à la fois concentré, précis et allant au fond des choses, offre une analyse de celui qu’il traduit. Et cela grâce à une prose économe où chaque mot est gonflé de sens. Rares sont ceux capables d’unir profondeur et synthèse!
            Ainsi donc, il s’agit du philosophe Roman Ingarden, mis au ban du réalisme socialiste, décrété seule idéologie pour affronter le camp occidental. Digue qui fut mise en place en Pologne durant dix ans.
Ingarden a longuement réfléchi (1928-1956) à ce qu’est une œuvre d’art et, plus particulièrement, au non figuratif. Ce qu’il analyse dans les tableaux, c’est la manière de mélanger et de présenter les couleurs; pas nécessairement afin de représenter quelque chose mais en tant que telles.
Marc de Launay différencie la relation à la toile d’un Ingarden de celle d’un Merleau-Ponty travaillant sur Cézanne. Le philosophe français interprète l’œuvre; Ingarden explore les éléments qui la constituent. A partir de là, il en tire une notion esthétique d’ordre philosophique qui le mène à une réflexion sur le sens et la fonction de l’art dans la vie humaine, ainsi qu’il le déclara à Vienne en 1968.
            Intuition, intention et connaissance de la matière dont les couleurs dialoguent ou conversent entre elles.
 
Par conséquent, Ingarden appréhende subjectivement un tableau. L’abstraction dans ses couleurs, provoque un éblouissement puisque une expérience extérieure entre en résonance avec une expérience intérieure. (cf. Kandinsky)
            Intéressantes observations de Kojève rapportées par Marc de Launay. Telle celle qui clame que la peinture non-représentative étant concrète, elle est nécessairement objective.
 
Ils sont dits –abstraits- mais ils diffèrent tellement l’un de l’autre dès lors que la main qui a obéi à l’observation et à l’imaginaire des peintres est différente pour chacun d’eux.
 
            Et le philosophe polonais de tenter d’isoler les œuvres de valeur des mauvaises à l’intérieur du cadre surréaliste.
 
            Le peintre abstrait aurait plus de mal à réaliser une œuvre que le figuratif?! Quelle erreur. L’un et l’autre sont en proie aux affres de la création…pour peu qu’ils ne gribouillent pas.
 
C’est faire peu de cas des intentions de dénonciation sociale que constitue le monde expressionniste.
 
A posteriori, on aimerait suggérer à Roman Ingarden de vivre au contact d’un artiste en train de –travailler- un tableau dans tous les sens du terme.
Claire Bondy.

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