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Claire Bondy

En évidence cette quinzaine : 05/03/2014

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Bienvenue chez Claire Bondy: Au remède des mots
Paul Valéry: Chaque pensée est une exception à une règle générale qui est de ne pas penser.
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En évidence cette quinzaine : 05/03/2014
 

Andreï Makine   Le pays du lieutenant Schreiber   éd Grasset

                                    Le roman d’une vie

            L’auteur, né en Sibérie en 1957, est élevé par sa grand-mère d’origine française, ses parents ayant été déportés. Sa vénération pour les grands auteurs français, tels Baudelaire, Proust ou Nerval, fait de lui un passionné de la France où il obtient l’asile politique en 1987.

            Il est titulaire d’un doctorat en lettres à la Sorbonne pour sa thèse portant sur Ivan Bounine, auteur de romans, poèmes, Nouvelles et qui naquit en 1870 en Russie et décéda en France en 1953. Par ailleurs, Bounine obtint le Prix Nobel de Littérature en 1933.

            Makine, après avoir choisi de devenir écrivain, publie quelques romans avant d’être largement consacré en 1995. En effet, son roman autobiographique Le Testament français obtient le Goncourt, le Médicis et le Goncourt des Lycéens. La nationalité française qui lui avait été refusée jusqu’alors, lui est octroyée et en dépit de quelques romans publiés en français…mais pas encore récompensés! Son triplé gagnant lui vaut d’être Français en 1996. Il est vrai qu’il faut du temps avant que le fatras –toutlemonde- prenne conscience de la valeur d’un authentique créateur quel que soit l’art par le biais duquel il s’exprime!

 

            Ce roman-ci est le récit d’une réalité injuste infligée à un citoyen amoureux de son pays au point de vouloir le sauver quand celui-ci s’évanouissait dans les bras de la Collaboration avec l’envahisseur allemand.

 

            217 pages et six parties d’une poignante densité grâce au style inventif, inattendu dans les rapprochements qui, n’allant pas de soi entre tel substantif auquel s’accole une épithète apparemment incongrue mais tellement novatrice qu’elle décuple l’attention du lecteur.

Quant à celle de l’auteur, elle demeure vigilante, voire écorchée par personne interposée, de la première à la dernière ligne.

 

            Et c’est vrai que Makine reconnaît l’émotion qui l’étreint quand il se rend chez son ami devenu, Jean-Claude Servan-Schreiber, moins connu que son cousin germain, Jean-Jacques.

 

            En ce soir d’août 2010, Jean-Claude Servan-Schreiber, âgé de 92 ans, devra encaisser une mauvaise nouvelle : Le livre qu’il a mûri toute sa vie et qui fut édité au mois de mai par une petite maison d’éditions. Celle-ci s’était rendue aux arguments convaincus d’A. Makine  Le livre racontait mai et juin 1940 au sein du quatrième régiment de Cuirassiers doù le lieutenant Schreiber fut renvoyé car il était juif. En outre, le récit se poursuivait par la fuite de Schreiber en Espagne, son emprisonnement suivi de son séjour dans un camp de concentration espagnol. Ensuite, la fuite vers le Maroc, l’Algérie où il fut incorporé dans le cinquième régiment de chasseurs d’Afrique de la 1e D.B. Puis vint le débarquement par le Midi de la France, la Libération et la victoire fêtée-----non loin du------nid d’aigle------d’Hitler.

 

            Le livre du lieutenant Schreiber racontant ses faits d’armes mais rendant surtout hommage à ses camarades tombés au champ d’honneur, n’intéresse personne.

Et le jeune ami du nonagénaire qui, à chacune de ses visites, reçoit d’autres souvenirs collés   à des noms importants pour le jeune soldat Schreiber, aurait tant voulu les faire revivre! Aussi reçoit-il dans sa chair vive ces noms qui ne disent rien à personne. Le lieutenant Schreiber a aussi croisé des noms illustres sur son chemin de guerre: de Gaulle, de Lattre de Tassigny

 

            L’écrivain redemande le récit, encore et encore….C’est lui qui a poussé son ami à l’écrire. Mais, c’est le genre d’histoire qui a trait à l’Histoire et dont l’Histoire présente ne se soucie plus.

            Il n’y a plus qu’à se replonger dans les clichés ornementant la bibliothèque de Schreiber: élan pour réécouter cette fuite en compagnie de Sabine Wormser jusqu’en Espagne après l’invasion de la zone libre. Un récit qui témoigne d’une forme d’insouciance inconsciente et amoureuse de la jeunesse. C’est que voici un couple qui prend son plaisir dans un hôtel alors qu’il est poursuivi par l’ennemi.

 

            Dans son romanvrai, A. Makine prend les événements depuis le moment où ils se sont déclenchés, c’est-à-dire en 2006, année de la parution de son Essai Cette France qu’on oublie d’aimer et que le vieil homme avait lu avec une adhésion enthousiaste.

Dans l’élan de sa lettre admirative à l’égard de l’auteur, il se présente dans sa substantifique moelle:  son combat durant la Seconde Guerre mondiale, sa Légion d’Honneur et son ascendance juive allemande, ses grands-parents ayant immigré en France en 1877.

A. Makine s’était senti réconforté par cette voix venue troubler le mutisme général

ayant entouré la sortie de son Essai.

 

Il semble que ceux dont les proches ancêtres ont immigré vers la France, soient les

seuls à proclamer l’amour du pays où ils sont nés. C’est aussi ce que proclame A. Finkielkraut dans son livre «L’identité malheureuse» (éd. Stock).

 

Autre lien noué par-dessus la paroi de l’Histoire: ces deux officiers français dont Makine avait lu les noms et que l’ancien lieutenant Schreiber avait connus. L’un, le colonel de Montgaillard,  admirateur obstiné de Pétain et qui rêvait de libérer le Maréchal; l’autre, gaulliste fervent, le capitaine parachutiste de Roquebrune: tous deux furent tués en 1944 pour la libération de la France.

            Le témoignage de Makine porte sur la nécessité de ne pas rejeter dans l’oubli ceux qui se battirent pour la liberté. Et, ce qui le frappe, c’est que derrière le cadre cossu de l’appartement de J.Cl. Schreiber et grâce aux nombreuses photos exposées, se cache une tout autre vie.

 

            Ce livre qui en contient deux, celui du lieutenant Schreiber ainsi que celui d’A. Makine qui en a pris le relais  et que le lecteur a sous les yeux, ce livre s’élève contre l’injustice historique consistant à plonger dans l’oubli anonyme ceux  qui furent des héros en se battant pour la France de 1940 à 1945, qu’ils fussent morts ou qu’ils aient survécu.

 

            N’y aurait-il qu’un nom d’oublié parmi les soldats figurant sur les photos, J.Cl. Schreiber le vit douloureusement et s’efforce de le redécouvrir à tout prix.

            L’écrivain pousse celui qui a vécu la guerre en conduisant son char Sherman, à mettre sur papier le récit de ce qui se passa alors…et surtout, de ne pas se laisser intimider par l’aura volatile de son cousin J.J. Servan-Schreiber.

 

            Le nom momentanément oublié d’un soldat de vingt ans, tué en 1940, vaut la peine d’écrire un livre.

 

            J.C ; Schreiber raconte l’arrivée en France des grands-parents Servan-Schreiber. Et, dans l’envol, l’épopée journalistique qui fut la leur, cadre avec l’enracinement réussi dans le pays d’accueil. Cela passa aussi par l’adoption d’un laïcisme militant et ayant rompu avec le judaïsme antérieur.

            Qui exprime son sentiment profond concernant l’état dans lequel la France d’aujourd’hui s’enlise?  L’auteur ou le vieillard aux élans encore juvéniles, considérant l’asphyxiante doxa du politiquement correct qui règne dans la France de nos jours?

            On lit l’ironique reproche de prudente lâcheté dès lors que sont mentionnés les thèmes tels que: immigration, intégration, communautarisme, minorités.

 

            Jean-Claude s’offre l’occasion de dénigrer le maintien tribal  des communautarismes en lieu et place de l’unique bonne voie –l’assimilation-. C’est cela qui a prévalu dans la famille Schreiber: le destin commun d’une nation.

 

            La sécheresse des rapports militaires que J.Cl. Schreiber lui donne à lire, rappelle à A. Makine, et ce malgré lui, la guerre sous le soleil afghan. Il sait parfaitement ce qui peut se cacher derrière la neutralité glaçante d’un compte-rendu militaire.

 

            Que de noms se succèdent: hauts gradés  ou simple piétaille s’étant manifestés par quelque écrit destiné au Journal des marches de l’appelé Schreiber qui aura mené trois guerres.

Celle de l’appelé de mai 1940 aux actes de bravoure insignes.

Sa deuxième guerre se fera au sein de la Résistance.

            En avril 1941, on lui notifie que la loi du 3 octobre 1940 doit lui être appliquée intégralement..Il s’agit du statut des Juifs.  

 

            Ainsi, celui qui fut décoré pour faits de bravoure, est chassé de l’armée! Une vie paradoxale pour un jeune homme de vingt ans. D’autant que cumuler la Résistance au sein de Combat et préparer son doctorat de droit à l’Université de Grenoble n’est pas une mince affaire.

 

            L’auteur n’a pas à forcer son admiration à l’égard de J.Cl. Servan-Schreiber! Quant à ce dernier, il minimise les exploits qu’il accomplit et qu’on lit avec une admiration comparable à celle qu’éprouvaient envers lui des camarades tellement plus âgés.

 

Le jeune Résistant se retrouve en Espagne où il est emprisonné avant d’être conduit pendant 48 heures dans un wagon à bestiaux jusqu’au camp de concentration de Miranda del Ebro.

            Mais, mais, se déclarant américain car ayant passé trois ans à Oxford, Schreiber est envoyé par l’Attaché militaire américain jusqu’à Gibraltar où les Anglais interrogent le dit américain. C’est alors que Schreiber leur montre ses papiers français cousus dans son épaulette.

On le fait passer par Alger où il est réincorporé. Il retrouve aussi certaines connaissances de sa première guerre non sans s’affirmer digne de la deuxième…en refusant de s’asseoir sous le portrait de Pétain lors d’un dîner prié.

 

            Bien entendu, sa troisième guerre (d’août 1944 à mai 1945) sera glorieuse bien que si discrète!

 

            Débarquement par le Sud, à Toulon. Ce parcours fait en combattant, sera celui où Schreiber comptera et contera le plus de pertes….et le plus de regrets pour ceux tombés sous ses yeux. Il les connaissait ces deux jeunes-là, Berton, Gilot.

 

            L’ennemi a aussi changé: la morgue des débuts victorieux a cédé le pas à la guerre pour la guerre, que J.Cl. Schreiber identifie comme une folie.

Il est vrai que dans cette avancée, il arrive que le sergent se retrouve nez à nez avec des soldats allemands en pleine nuit et au moment où il vérifie la solidité d’une barricade faite de branchages afin de dissimuler des chars.

            De l’utilité de parler couramment allemand!

 

Nous participons à la progression des armées qui passent le Rhin. Schreiber médite sur ce que sont devenus les ennemis: reddition aux Alliés. Les derniers enrôlés de force tournent casaque.

Et ce détachement de SS où Schreiber entend parler français!

 

            Troisième guerre dans les Alpes bavaroises. Et avant l’affectation à Berlin, secteur français, en tant qu’aide de camp d’un général. L’ordre d’affectation avait dormi dans un classeur durant trois mois, des mois où il aurait pu être tué.

 

            8 mai 1945, le soir. Arrivée à Paris quand la joie triomphante éclate.

Déboussolé, le lieutenant Schreiber reçoit de plein fouet la vague de la dernière mode: Sartre, Camus, De Beauvoir, l’existentialisme.

Son existentialisme à lui fut de combattre contre les nazis.

 

            Merci à Andreï Makine de clarifier la situation plus qu’ambiguë des vedettes de l’existentialisme.

Les publications et représentations théâtrales se succèdent de 1943 à 1945 avec l’assentiment de la censure allemande. Sans compter les fêtes littéraires organisées chez De Beauvoir. Qu’est-ce qu’on s’amuse avec l’aval de l’occupant!

            Et l’auteur d’endosser avec raison, le jugement sans appel de J.Cl. Schreiber.

 

            Autre erreur de taille: la visite enthousiaste de Sartre en 1955 en URSS. Il déclara même que la liberté de penser en URSS ne connaissait aucune entrave.

Errare humanum est. A preuve: le nombre de convaincus du régime soviétique, aveuglés qu’ils étaient par le lourd tribut payé par les Soviétiques à la guerre 40-45. Leur héroïsme engendra peut-être une cécité indulgente.

 

            La vogue de la vague Saint Germain des Prés, dont le lieutenant Schreiber dénonce les mensonges, que représente-t-elle face à un soldat de trois guerres qui ne cesse de songer à ses camarades disparus ou, plus tard, aux rescapés des camps auxquels seul le silence doit répondre dans ce temps où les existentialistes se fêtent à profusion.

 

            En ce 15 mai 1945, J.Cl. Schreiber croise de Pazzi qui fut son capitaine et qui, en novembre 1944, proposa qu’on décorât Schreiber de la légion d’Honneur. Aujourd’hui, repérant la légion d’Honneur portée par Schreiber, il manque s’en étrangler: un Juif, porteur de la Légion d’Honneur!

            Ce genre d’avanie subie avait débuté dès l’adolescence de Schreiber qui devait faire le coup de poing contre les copains de Jeanson-de-Sailly qui le battaient.

Plus tard, il luttera contre les Croix-de-Feu.

Quelques rares aristocrates  deviennent ses amis et subissent à leur tour le Mort aux Juifs, antienne bien connue. D’autres exemples, aux apparences plus douces, sont également cités.

 

Il est vrai que J.Cl. Schreiber représente un témoin gênant du proche passé vichyste de la majorité de ses compatriotes.

Seule solution: décider l’oubli, comme les autres.

 

Quand le lieutenant rejoint la vie civile, il brillera dans les journalisme, politique, publicité et autres fonctions en vue. Il suffit de prendre connaissance de sa biographie d’après guerre pour savoir que sa vie professionnelle et mondaine sera brillante et internationalement voyageuse.

 

            En somme, une vie si remplie qu’elle donne l’illusion de colmater une plaie toujours béante.

 

            En 2006, à l’âge de 88 ans, un titre à la devanture d’une librairie attire son regard: Cette France qu’on oublie d’aimer, écrit par un certain Andreï Makine.

            Le livre acquis, le vieil homme y lit les noms de deux militaires, l’un colonel et l’autre capitaine parachutiste et qu’il avait connus durant ses années de guerre et qui étaient tombés en 1944.

            Cette mémoire de jeune homme va produire un livre grâce à la persuasion de Makine et l’acceptation de publier venue d’un petit éditeur inconnu.

 

Le lancement tous azimuth possibles se solde par l’indifférence et le fiasco avant de finir au pilon. Le travail de mise en haleine fourni par Makine, fut aussi énergique que demeuré sans écho.

            Le nonagénaire, dynamisé par Makine, y avait cru. Il doit se rendre à l’évidence: son livre n’intéresse pas la profession journalistique en dépit du déjeuner organisé.

 

Quant à Makine, il plaide en personne auprès des éditeurs. Rien n’y fait. Pour Schreiber, il a écrit la vérité: son désir de servir son pays, ajoutant, quoique catholique de religion, je suis d’origine israélite. En réalité cet aspirant de cavalerie veut prouver qu’il a raion d’être fier d’être français.

 

            Un petit éditeur se décide à publier le manuscrit qui a pris six mois de travail à J.Cl. Schreiber. On y trouve ses trois guerres, en ce compris l’hommage du texte à ceux de ses compagnons tombés au combat.

Et, se glissant aussi sûrement que discrètement, le célèbre cousin germain, JJSS, s’est attiré trop de flèches.

 

            L’éditeur, Charles Dupêchez, qualifié de gentleman par Schreiber veut publier, entre le 8 mai et le 18 juin 2010, deux dates symboles: défaite totale du IIIe Reich allemand et appel du Général de Gaulle. Le service de presse est exemplaire et les amis parlent d’abondance du livre. Sans oublier A. Makine qui se dépense sans compter. Orchestration parfaite pour un mur d’indifférence tant le 8 mai et les jours suivants que le 18 juin avant que n’intervienne la fatidique et inexorable mise au pilon.

            Tellement de choses mobilisent les gens: le foot, le foot et aussi le foot.

Cette guerre-ci, celle des mots qui entre les deux dates, voit J.Cl. Schreiber se préparer à recevoir des visites!

            Espérées, attendues mais non advenues…

 

            Il s’agit pourtant de l’homme que le Général de Gaulle avait reçu à plusieurs reprises, dont la dernière fois, le 5 juillet 1968.

            Désormais, quand A. Makine rend visite au lieutenant Schreiber, il perçoit dans sa voix de l’amertume plutôt que l’ironie coutumière au moment où il sort d’ultimes archives personnelles prouvant ses guerres.

 

André Makine doit bien reconnaître l’échec…en même temps qu’il évoque d’illustres refusés antérieurs: Proust, Nietzsche, Schopenhauer,Gide, Verlaine ou autres Flaubert et Tourgueniev.

Le lecteur lit avec effroi le petit nombre d’exemplaires écoulés.

 

      A présent, il reste à réconforter un perdant qui, élégamment, se reproche d’avoir fait

 perdre de l’argent à son éditeur.

En revanche, Makine lance des termes cinglants de lucidité sur les succès de l’été: de gros romans---couverts d’empreintes de crème solaire.

 

 

 

      Trois mois après la sortie du livre, A. Makine se force à prendre un ton guerrier

(logique après tout) destiné à ménager ce jeune auteur de 92 ans---qui raconte une nième fois ce qui fut narré tant de fois.

 

Avec tout ce qui s’est produit, J.Cl. Schreiber ne revit plus son passé au présent mais

au passé. D’où sa philosophie à propos de la condition humaine: une suite d’enfermements.

 

A.Makine, parti un mois en Russie, revoit un ami, Piotr, qui lui raconte un souvenir datant

 de ses 11 ans.

Celui du récit d’un ancien artilleur à l’œuvre durant la Seconde Guerre Mondiale…face aux chars allemands!  Son père, l’artilleur en question, racontait…, racontait.encore. Mais le gamin préférait courir la taïga.

Quand son père mourut, l’ami Piotr se mit à réfléchir. Sa conclusion: on est toujours seul devant la mort, qu’on ait une famille ou pas. Mais on n’est pas seul quand on parle du jeune homme qu’on a été dans des moments cruciaux.

 

            La dévoration de ce livre permet au lecteur des rencontres étonnantes dans le choix des mots toujours ajustés de façon originale. Par exemple, l’irruption de verbes inattendus après un sujet apparemment anodin mais qui alors, prennent une ampleur, iune signification inaccoutumée.

           

Exactement comme ce qu’émet J.Cl. Schreiber, évoquant la quatrième de couverture de son livre et prenant Makine à témoin.

On a écrit: l’antisémitisme de l’armée française. Ce n’est pas à 100°/° faux.

 

            Parmi les photos, figure celui dont dont l’ancien lieutenant Schreiber a oublié le nom. Mais, en fin de compte, quelle importancedès lors que les indifférents ont gagné.

 

            Soudain, miracle! Schreiber retrouve in extremis, le nom de son compagnon d’armes qu’il s’était évertué à chercher durant tout le livre.

 

            Profond et magnifique récit, revisité de l’intérieur par A.Makine, qui, exilé de la première génération, aime le pays qui l’a accueilli et en fait entendre un témoignage en miroir.

Et quel style: à la fois distancié, ce qui en assure l’originalité et intériorisé par gratitude. Une écriture qui vivifie la langue, n’en déplaise à certains rassis de plusieurs générations.

 

Claire Bondy

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