DÉFENSE DE L’ÉTAT D’ISRAËL – 8ème Festival Pour La Paix – Bruxelles 30 Août 2015

Ecrit par Moïse Rahmani le 31 août, 2015

Cet article fait partie de la série « L’esprit de Bruxelles »
qui regroupe les contributions
pour les trois grandes religions monothéistes.
Retrouvez le récapitulatif sur ce lien.
http://sefarad.org/lesprit-de-bruxelles

-_-_-_-_-_-_-_-

This article is related to the « Spirit of Brussels »
series whichput together all the contributions
for the three major monotheistic
religions. Please find the link herewith.
http://sefarad.org/lesprit-de-bruxelles

-_-_-_-_-_-_-_-

8ème Festival Pour La Paix

Organisé par Alliance
(Chrétiens Amis d’Israël)

Bruxelles 30 Août 2015

DÉFENSE DE L’ÉTAT D’ISRAËL

 

Nous relayons ce discours de notre Ami Luc Henrist, un Ami fidèle de notre Communauté et de l’Etat d’Israël, prononcé hier à Bruxelles, à l’occasion du  huitième Festival pour la Paix organisé par Alliance (Chrétiens Amis d’Israël) ou j’étais présent pour le B’nai B’rith de Bruxelles.

Moïse Rahmani

DEFENSE DE L’ETAT D’ISRAEL :

Si je pouvais donner ma définition du sionisme, je dirais ceci : «Mouvement de retour du peuple Juif à Sion (montagne de Jérusalem) selon les instructions bibliques»… Car en fait, si nous regardons la Bible, nous y voyons que Dieu a des sentiments sionistes très marqués… Je ne donnerai que deux exemples (il y en a des dizaines… Sachez que le mot «Sion» apparaît 167 fois dans la Bible…) :

 

– «Car Dieu sauvera Sion, et bâtira les villes de Juda; On s’y établira, et l’on en prendra possession» (Psaume 69 v35)

 

– «Les rachetés de l’Éternel retourneront, Ils iront à Sion avec chants de triomphe, Et une joie éternelle couronnera leur tête; L’allégresse et la joie s’approcheront, La douleur et les gémissements s’enfuiront» (Ésaïe 35 v10)

 

A travers les siècles, le peuple Juif a toujours eu ce désir de retourner à Sion. C’est ainsi que chaque année, depuis plus de 3000 ans, à la fin du repas traditionnel (le Séder) qui ouvre la semaine de «Pâque», les Juifs se disent l’un à l’autre : «L’année prochaine à Jérusalem». Lorsqu’ils prient (3 fois par jour), peu importe où ils se trouvent, ils se tournent toujours physiquement vers «Sion», c’est à dire vers Jérusalem.

Mais il a fallu attendre de nombreuses années pour que ce «rêve» devienne réalité. En fait, c’est Théodore Herzl, Juif autrichien (1860 – 1904) qui s’intéressait très peu à la Bible, qui va devenir le «Fondateur du sionisme moderne». En 1894, il était correspondant pour le journal viennois «Neuen Freien Presse» à Paris, en pleine «Affaire Dreyfus». Il a vu de ses propres yeux des manifestations antisémites avec des Français qui criaient : «MORT AUX JUIFS». Et c’est ainsi que petit à petit, il en est arrivé à la conclusion que, peu importe où les Juifs se trouvent, ils sont toujours détestés… Et qu’il faudrait donc qu’ils aient leur propre patrie. En 1895 il va écrire un livre «Der Judenstaat» (L’État Juif). L’année suivante, un étrange personnage va faire son apparition dans la vie de Herzl, il s’agit du Pasteur anglais William Hechler (1845 – 1931). Celui-ci avait lu le livre de Herzl et il y avait vu la mise en marche de la réalisation des prophéties concernant le retour des Juifs à Sion. Il déclarait notamment : «Selon la Bible, les Juifs doivent retourner en Palestine (!) Par conséquent, je viens en aide à ce mouvement, en tant que Chrétien, pleinement convaincu de la vérité de la Bible». Il va donc s’attacher à Herzl et lui ouvrir des portes pour s’adresser aux grands de ce monde (notamment Frédéric I, Grand-Duc de Baden en 1896. Celui-ci était l’oncle de l’Empereur Guillaume II d’Allemagne, que Herzl rencontrera en 1898). Le Pasteur Hechler est resté jusqu’au bout aux côtés de Herzl (qui est mort jeune…à 44 ans) et l’a encouragé à aller de l’avant avec son projet. Herzl vont ensemble organiser le premier congrès «sioniste» qui eut lieu à Bâle (Suisse) du 29 au 31 août 1897. Il est intéressant de savoir que suite à ce congrès, Herzl va écrire prophétiquement dans son journal : «A Bâle, j’ai créé l’Etat juif. Si je disais cela aujourd’hui publiquement, un rire universel serait la réponse. Dans cinq ans peut-être, dans cinquante sûrement, tout le monde comprendra». Prédiction réalisée, à quelques mois près…

 

Il faut savoir que dans l’assistance de ce premier congrès sioniste se trouvait un autre protestant genevois qui soutenait aussi ce projet «sioniste» : Henri Dunant (1828-1910), fondateur de la Croix Rouge… Dunant fréquentait la «Paroisse de l’Oratoire», qui existe encore de nos jours. En fait, on pourrait dire que ce sont les Chrétiens qui, avant les Juifs, ont eu à cœur, ce «retour à Sion»… On le voit dans des écrits tels que celui d’Isaac Newton, (1642-1727), qui était à la fois scientifique et théologien. Il professait les mêmes idées que celles des Puritains : «Le mystère de cette restitution de toute chose se trouve donc chez tous les prophètes, écrit-il, et c’est pourquoi je m’étonne que, à ma grande stupéfaction, si peu de Chrétiens de notre temps arrivent à l’y trouver. Car ils ne comprennent pas que ce mystère consiste dans le retour final de captivité des Juifs, leur conquête des nations des quatre monarchies et leur établissement d’un Royaume juste et florissant». On voit aussi cette notion dans le livre d’Edward Whitaker (1784) : «Sur la restauration finale des Juifs». Le deuxième Président des Etats-Unis, John Adams écrivait dans une lettre en 1819 : « For I really wish the Jews again in Judea an independent nation » (« Je voudrais vraiment voir les Juifs de retour en Judée, dans une nation indépendante »). Le 20 avril 1799, Napoléon Bonaparte faisait cette déclaration : « Israélites, nation unique que les conquêtes et la tyrannie ont pu, pendant des milliers d’années, priver de leur terre ancestrale, mais ni de leur nom, ni de leur existence nationale ! Les observateurs attentifs et impartiaux du destin des nations, même s’ils n’ont pas les dons prophétiques d’Israël et de Joël, se sont rendu compte de la justesse des prédictions des grands prophètes qui, à la veille de la destruction de Sion, ont prédit que les enfants du Seigneur reviendraient dans leur patrie avec des chansons et dans la joie et que la tristesse et que les soupirs s’enfuiraient à jamais. »

Il ne faut pas oublier non plus que (selon Haïm Weizman, le premier Président de l’État d’Israël) «les hommes comme Lord Balfour, Winston Churchill, Lloyd George, étaient profondément religieux, ils croyaient en la Bible. Pour eux, le retour du peuple juif en Palestine était une réalité, de sorte que les sionistes représentaient pour eux une grande tradition, pour laquelle ils avaient beaucoup de respect ». Et selon Arthur W. Kac : «Assis sur le banc de l’Eglise paroissiale de Wittingham, le jeune Balfour entendait la pure doctrine évangélique : Les Juifs doivent d’abord retourner à Sion et ensuite viendra le drame final». Lord Arthur Balfour (1848 – 1930) (Premier Ministre de 1902 à 1905. Ensuite, Ministre britannique des Affaires Étrangères de 1916 à 1919) a été un élément clé dans la renaissance de l’État d’Israël. On le voit notamment dans cette déclaration qui date de 1917:

«Cher Lord Rothschild, J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’adresse des aspirations sionistes, déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui. Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif… »

 

Aujourd’hui, beaucoup se posent la question : «Peut-on critiquer Israël sans se faire passer pour un antisémite» ? C’était un des «Sujets Tabous» abordés par le journal «Le Soir» le 16 février 2012. Je laisse la réponse à l’ancien Ambassadeur d’Israël en Belgique, Jacques Révah : «Se pose-t-on aussi la question inverse : est-il permis de soutenir Israël ? D’aucuns considèrent que soutenir Israël n’est pas politiquement correct. Pourtant, oui, il est bien entendu permis de soutenir Israël, sans tabous ! A la question de savoir si l’on peut critiquer Israël, là aussi, la réponse est oui. Mais la vraie question est de savoir si cette critique est justifiée. Se fait-elle hors contexte, ne cache-t-elle pas des tentatives de diabolisation, de délégitimisation, d’usage de doubles standards qui paraissent orientés et pas du tout objectifs ?» …

 

En ce qui me concerne, je défends, selon les Écritures, le retour du peuple Juif à Sion. Car, comme je vous l’ai démontré, ceci n’est ni un concept politique à connotation négative créé en 1948, ni un désir de s’approprier un territoire qui appartient à un «autre peuple», ni une idée inventée par un homme, mais la volonté de Dieu lui-même ! Certains utilisent aujourd’hui l’antisionisme comme prétexte pour cacher leur antisémitisme… Mais comme le disait si bien le Pasteur Martin Luther King quelques mois avant sa mort (le 4 avril 1968): «Lorsque les gens critiquent le sionisme, ils pensent aux Juifs. Donc, il est bien question d’antisémitisme…».

 

Et finalement, pour ceux que «Sion» dérange encore, n’oubliez pas que «Le libérateur viendra de SION et il détournera de Jacob (Israël) les impiétés». Et «ce sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés» (Romains 11 :26-27)

Luc Henrist

31Août

Comments are closed.