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Les Juifs de Rhodes à Tanger

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Les Juifs de Rhodes à Tanger


Rabbi Dr M. Mitchell Serres

Au début de la Deuxième Guerre Mondiale, Tanger était une zone internationale dans le nord du Maroc.
La ville était de ce fait un havre de salut idéal pour les Juifs en fuite de l’Europe nazie. La communauté juive locale était bien organisée et avait un bon rapport, tant avec les autorités européennes qu’avec ses voisins arabes.
Le 23 mars 1933, la Junta s’est réunie pour l’audition du Bet Din, le tribunal rabbinique, qui examinait une demande d’un Juif russe sans papiers pour avoir la permission de se marier. Il parla de la persécution en Union Soviétique ainsi que de la propagande nazie. En mai 1933, la Junta était bien consciente de l’antisémitisme nazi.
Les réfugiés juifs arrivés à Tanger furent aidés par la Hebrat Hahnassat Orhim. Quelques Juifs allemands, ayant besoin d’être hospitalisés, furent pris en charge par l’hôpital Benchimol. Un transatlantique italien, en provenance de Trieste, arriva avec des réfugiés hongrois et des Juifs de l’île des Rhodes. Les autorités italiennes eurent peur que le bateau ne fut renvoyé par les Américains s’il continuait ; les passagers durent donc débarquer.
Mille cinq cent réfugiés arrivèrent en 1938-1939 ; parmi eux, deux cent réfugiés de l’île de Rhodes. Ils vinrent en famille, celle-ci consistant d’au moins 3 enfants ; le père était le seul gagne-pain. Ils avaient tous fait leurs études dans des écoles régionales et étaient multilingues – français, italien, turc – des langues très utiles à Tanger. La majorité des hommes étaient des artisans.
Voici le nom des familles :
Cadeno et Alberto Arditti
Rachel et Isaac Benezra
Mathilda et Abraham Barki
Gracia et Salomon Behar
Zimbel et Marcos Benchoan
Rachel et Bechor Capelutto
Elisa et David Cohen
Mathilda et Sasson Farhi
Anna et Daniel Fonseca
Rebecca et Moïse Gabay
Selma et Isaac Gavison
Marie et Yana Giacomo
Luna et Eliezr Haleva
Golla et Nissim Levi
Capelemu et Celebon Maich
Eliezer Mizrahi
Rosa et Giuseppe Moreno
Sara et Marco Seveor
David Sutton
Sara et Israel Talias
Isaac Varon
Mathilda et Leon Zoulic
Généralement, les familles sépharades étaient plus nombreuses que les familles ashkenazes.
Les réfugiés représentaient 15% de la population juive de Tanger.
Le 18 juin 1940, l’Espagne envahit Tanger afin de protéger la neutralité du port. Les autorités espagnoles annoncèrent également qu’elles protègeraient les Juifs. Elles étaient fières que les réfugiés juifs soient en sécurité à Tanger sous leur occupation. Cependant, les Allemands avaient la permission de rétablir leur mission à la Mendoubia, l’ancien quartier général allemand, devenu le centre administratif de la zone internationale. En conséquence, Tanger avait des Juifs réfugiés des nazis et des nazis qui se promenaient dans les mêmes rues.
En janvier 1941, les réserves étaient si pauvres qu’on devait importer de la farine, du riz, des haricots et de l’huile d’olive. Les légumes étaient rationnés. La conduite en voiture était défendue pendant les fins de semaine. Pour aider davantage les réfugiés, la Joint Distribution commença à élargir son aide. Dès le mois d’avril, elle dépensait presque $12,000 par mois pour les réfugiés et leur fournissait une cantine scolaire.
La Joint Distribution et la Hebrat Hahnassat Orhim organisèrent un comité pour aider les réfugiés. Ce comité comprenait Abraham J . Largdo, Abraham Saques (le directeur de l’Alliance), Raphael M. Laredo, Judah Jacob Cohen et Albert G. Reinhart (un réfugié du Luxembourg). Le budget, en 1943, était de $ 54,750.
Les sépharades de Rhodes s’étaient mieux intégrés à la communauté juive locale et aux synagogues que les Ashkenazes, tandis que ceux-ci développèrent d’autres synagogues – une établie pour eux par la Junta et l’autre fondée par des réfugiés hongrois. Vingt-cinq familles de Rhodes reçurent l’aide d’organisations caricatives pendant leur séjour à Tanger.
L’inflation éroda le pouvoir d’achat des artisans et il existait aussi une pénurie de logement qui causa un plus lourd fardeau.
Vers la fin de 1947, la majorité des réfugiés avait quitté Tanger. Quelques-uns y restèrent, pour ne pas se déraciner à nouveau. D’autres se marièrent avec des Tangérois et partirent plus tard. Ces Juifs de Rhodes étaient le plus grand groupe de l’île qui fut sauvé de l’Holocauste.
Rabbi Dr M. Mitchell Serres
M. Mitchell Serres est le directeur du Sephardic Community Program de la Yeshiva Univerirty de New York, Public Relations Dept.

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