Les hôteliers soulignent que l’augmentation des coûts d’exploitation représente un “défi majeur” pour l’industrie cette année.
L’incertitude mondiale est également citée comme une préoccupation principale pour le secteur, alors que la conférence annuelle de la Fédération Irlandaise des Hôtels (IHF) débute aujourd’hui à Killarney, dans le comté de Kerry.
Neuf hôteliers sur dix (92 %) avouent s’inquiéter de l’économie internationale et de l’impact potentiel de l’incertitude politique dans des marchés clés.
Une nouvelle étude, réalisée par l’IHF, a également révélé que 76 % de ses membres sont préoccupés par les perspectives de l’économie irlandaise pour les 12 mois à venir, “alors que les finances des consommateurs demeurent sous pression et que les évolutions internationales posent des risques potentiels”.
S’exprimant sur RTÉ’s Morning Ireland, le président de l’IHF, Michael Magner, a mentionné que l’Irlande “se démarque en termes de coûts, particulièrement dans les domaines de l’énergie et de l’assurance, et de manière générale dans tous les services”.
Ces résultats font suite à ce que l’IHF décrit comme “une performance robuste” du secteur hôtelier irlandais en 2025.
Le taux d’occupation moyen des chambres d’hôtel au niveau national a atteint 76 % l’année dernière, en hausse de 1 % par rapport à l’année précédente, la plupart des régions enregistrant une augmentation.
Cependant, une “disparité régionale significative” a été observée, avec des niveaux d’occupation variant de 70 % dans la région frontalière à 83 % à Dublin.
Malgré les défis évoqués, l’industrie conserve une “perspective prudemment optimiste”.
Un peu plus de la moitié (51 %) des hôteliers rapportent des conditions commerciales positives pour les 12 mois à venir, tandis que seulement 13 % se montrent pessimistes.
Le président de l’IHF a déclaré que le secteur est “prudemment optimiste pour l’année à venir, les réservations futures laissant penser que les niveaux d’activité resteront stables en 2026”.
M. Magner a ajouté que cet optimisme persiste malgré ce qu’il qualifie de “vent de face significatif”.
“Parmi ces freins, on note l’augmentation ininterrompue des coûts d’exploitation, qui sont déjà exceptionnellement élevés selon les normes internationales,” a-t-il précisé.
Il a souligné la nécessité d'”un nouvel intérêt national pour la compétitivité des coûts,” tant au sein de l’industrie du tourisme que de l’économie en général.
“Heureusement, la décision du gouvernement de restaurer le taux réduit de TVA de 9 % sur les services de restauration dans l’hôtellerie à partir de juillet atténuera partiellement ces hausses pour les entreprises du secteur alimentaire, qui fonctionnent avec des marges parmi les plus serrées,” a ajouté M. Magner.
Les données d’Eurostat montrent que les hôtels et restaurants en Irlande sont les seconds plus chers de l’UE, juste derrière le Danemark.
“Le coût de faire des affaires entraîne inévitablement des défis en matière de tarification,” a affirmé M. Magner, tout en ajoutant que “malgré cela, l’Irlande offre une très haute qualité de produits hôteliers et de maisons d’hôtes.”
Le sondage réalisé avant la 88ème conférence annuelle de l’IHF a également révélé que 75 % des hôteliers prévoient d’augmenter les investissements en capital au cours de l’année prochaine.
Les principaux domaines d’investissement comprennent “des projets de rénovation de chambres (61 %) et d’améliorations des restaurants, bars et espaces communs (47 %)”.
La IHF a indiqué que 53 % des hôtels prévoient d’augmenter les investissements dans la durabilité en 2026, tandis que 32 % déclarent “explorer activement de nouvelles options pour améliorer la durabilité”.
Parmi ceux qui investissent, les cibles principales incluent “les solutions d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique (60 %), la réduction des déchets alimentaires (33 %) et les mesures de conservation de l’eau (26 %)”.
Bon à Savoir
- Le secteur hôtelier irlandais continue de se développer malgré des défis économiques.
- La majorité des hôteliers prévoient une augmentation de leurs investissements, notamment dans l’amélioration des infrastructures.
- La durabilité est une priorité croissante, avec un intérêt marqué pour les projets d’énergie renouvelable.
- Les marges bénéficiaires dans l’hôtellerie demeurent serrées, ce qui exige une bonne gestion des coûts.
Cette situation souligne l’importance pour le secteur hôtelier de se réinventer face à des défis économiques globaux. Alors que la prudence est de mise, il semble également essentiel d’embrasser l’innovation et la durabilité pour garantir la compétitivité à long terme. Comment les acteurs du secteur pourront-ils concilier qualité des services et rentabilité dans ce contexte incertain ? Cette question reste ouverte et mérite réflexion.