Communautés sépharades de Roumanie, par I. Kara

Alba Iula, en Transylvannie : la communauté sépharade date du 17ème siècle. Les émigrants sépharades ont été admis par le prince Akis Bacsay (1658-1660). Joseph Cohen Eliopante est le premier président de la communauté.

Les sépharades avaient un cimetière commun avec les achkénazis. Depuis 1759, la communauté juive d'Alba Iula était conduite une année par un président achkénazi, l'année suivante par un sépharade. En 1793, le rabbin sépharade interdit à ses ouailles de fréquenter la synagogue achkénazie, car ils s'assimilaient à ces derniers. Au début du 19ème siècle, il n'y a plus ni minian, ni melamed sépharade.

A Bucarest, Bucuresti, capitale de la Roumanie depuis 1859, il y avait une population séharade vers 1550. Une consultation rabbinique cite les noms de Avraham ben Eliezer, Jehuda ben Guerchon, Itzhak Rufus, Habib Amati, Moché Angel, David ben Khaim, David ben Avraham Usha, Iaacov ben Habib Baroukh, Bakhor Eliahu, Itzhak Baroukh Galippa et Iscergom. Le dernier habitait à Bucarest en 1568. A Bucarest, Carvi remarquait, en 1689, nombre de commerçants très riches, sépharades. Le nombre de sépharades s'y accroît pendant le 19ème siècle. En 1811, Khevra Kedocha est séparée de la confrérie achkénazie. En 1836, une synagogue est inaugurée, avec 132 sièges pour hommes. Le statut de la synagogue a été rédigé en ladino par le grand rabbin Alexandre Papo. De 1823 à 1828, il y a une organisation commune avec les achkénazis. En 1832, c'est un réorganisation des sépharades. La synagogue Cal Grande date de 1845; elle a été restaurée en 1883. Le "Kheder" sépharade existe déjà en 1790. En 1860, il devient une école élémentaire moderne, avec un bâtiment construit en 1871; une école pour jeunes filles est créée en 1878.

Au 19ème siècle, les sépharades de Bucarest, quoique inférieurs en nombre aux achkénazis, forment une communauté très importante bien représentée dans le commerce, les finances et l'industrie. Ils modernisent vite leur mode de vie en s'adaptant à la vie de la bourgoisie roumaine. Leurs enfants fréquentent les écoles secondaires et étudient la médecine, surtout après 1877, année de l'indépendance de la Roumanie.

Après la première guerre mondiale, les sépharades ont créé une association des commerçants sépharades, dont le président était, en 1932, Joseph de Pinchas. Le grand rabbin J. Djaian était très respecté et surveillait les institutions d'assistance sociale. Après 1945, le nombre de sépharades a diminué rapidement. Il reste une section sépharade à la communauté de Bucarest.

A Constanta, port de la Mer Noire, on vit arriver les premiers sépharades en 1828; une organisation communautaire sépharade existe depuis 1853. En 1878, ils formaient la majorité de la population juive de Constanta et ils avaient fondé quelques associations, dont l'Association des Dames Sépharades, Bikour Kholim. En 1903, ils bâtissent un temple, qui existe toujours. Ils avaient également une école élémentaire. Après 1945, la communauté juive, y compris les sépharades, a diminué vertigineusement, à cause des émigrations.

Au 18ème siècle, les premiers sépharades s'établissent à Craiova, capitale d'Olténie. La Khevra Kédocha date de 1790. Entre 1805 et 1815 arrivent les sépharades de Vidin (Bulgarie). La synagogue existait avant 1847. En 1883, 230 achkénazis et 150 sépharades vivaient à Craiova. Le rabbin Zakharia Halevy y travailla entre 1859 et 1894 et il y eut une réorganisation de la communauté en 1935. A présent, il est difficile d'organiser une minian pour le samedi. Sic transit ...

A Giurgiu, port danubien, des sépharades balkaniques s'établissent après 1820. La communauté est commune avec les achkénazis, et la première réorganisation communautaire sépharade a lieu en 1841. En 1894, une école élémentaire s'ouvre dans le propre bâtiment, dans la cour des synagogues. En 1852, on compte 30 familles sépharades et 20 familles achkénazies. En 1881, leur nombre est égal, 50 d'un côté et 50 de l'autre, puis on remarque une décroissance progressive.

A Ploesti, en 1806, des sépharades balcaniques possèdent une rue à eux; on la nomme "Frenkig ghesl". En 1807, la synagogue est construite, et renouvelée en 1858. En 1888, on dénombre 40 familles sépharades et 500 personnes achkénazies. En 1894, les chefs de la communauté sépharade sont Iaacov M. Cohen et Joseph B. Israel. De 1898 à 1900, la revue en ladino La Albovada est rédigée, puis sera en diminution progressive.

A Timisoara, on voit les premiers sépharades venus de Béograd et de Constantinople en 1515, puis après 1552. L'importance des sépharades s'accroît pendant le 18ème siècle. Don Moche Pereira et Diego Aquilar conduisent la première organisation communautaire sépharade. En 1739, les sépharades et les achkénazis ont une communauté et une synagogue communes. La Talmud Tora sépharade existait déjà depuis quelques années, la synagogue sépharade depuis 1762. Le rabbin Iaacov Moche est présent depuis le début du 18ème siècle. Au 19ème siècle, il y a deux synagogues sépharades, avec les rabbins Moché Alcalay (1831-1863) et Josef Lévy (1815-1856). A présent, il s'agit du Dr. Neuman, rabbin de la communauté unie.

Turnu Severin, port danubien, fondé en 1828 : les sépharades de Cerneti s'y établissent en 1830. Ils sont marchands de céréales. Plus tard, un tiers de la populaiton juive est achkénazie. En 1865, il y a 44 familes juives. En 1882, on dénombre 200 familles, et en 1947, 530 personnes juives. Au 19ème siècle, les communautés sépharade et achkénazie sont séparées. Le rabbin sépharade Eliahu Mordechai Crispin était aussi crivain, et rédacteur de revues en ladino : "Luzer" en 1886, "Har Sinay" en 1894, "Il Drapel d'Israel" en 1886. En 1912, il publie, à Bucarest, "El Fruto de la Paciencia".

Actuellement, il y a des sections sépharades dans les communautés de Bucarest et de Craiova, vu le nombre très réduit des sépharades en Roumanie, la plupart ayant émigré en Israël.

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