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Micheline Weinstock

J'ai vécu si peu, Journal du ghetto d'Oradea

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Eva Heyman, J'ai vécu si peu, Journal du ghetto d'Oradea ,
(traduit du hongrois par Jean Léon Muller, préface de Carol Iancu), Editions des Syrtes

 
     Eva Heyman J'ai vcu si peuTexte bouleversant publié pour la première fois en français.

      Eva entame son "petit journal" le 13 février 1944. Elle vient d'avoir 13 ans, est née un vendredi 13. Sa première pensée va à sa mère, très superstitieuse, qui ne sera pas là pour son anniversaire. Ainsi commence la rédaction de ses confidences, la dernière annotation date du 30 mai de la même année, date de sa déportation, elle arrive à Auschwitz le 6 juin et sera gazée le 17 octobre.

       Issue d'une famille juive aisée d'intellectuels, ayant conservé l’usage de la langue hongroise, malgré le rattachement de la région à la Roumanie.

       Les parents divorcent lorsqu'elle a quatre ans, elle est élevée par ses grands-parents. Le deuxième mari de sa mère était Béla Zsolt, auteur de Neuf Valises, paru aux éditions du Seuil.

       Désarrois personnel, premiers émois. Instauration des mesures antijuives, confiscations des appareils photos, machine à coudre, téléphone, aspirateur.... (30 avril 1944), les Juifs ne peuvent être vus en rue que de 9 à 10 heures du matin (1er mai)... et pendant ce temps, la vie continue, la grand-mère repasse sans s'arrêter en buvant du cognac et la mère prépare inlassablement du café. Elle ne se plaint pas : "pourvu que nous restons en vie".

          L'étau se resserre. Il faut préparer les bagages, les policiers viennent vérifier, il faut remettre les alliances, les montres. Un policier aperçoit la chaîne en or au cou d'Eva et s'exclame : « Ce ne sont plus des biens juifs mais des biens nationaux !". Elle tenait d'autant plus à ce bijou car la clé de son journal y était accroché, elle trouve un ruban pour la clé et lui remettra la chaîne...

      Tous sont transférés dans au ghetto d'Oradea le 5 mai. Les gendarmes viennent inspecter, confisquent le peu qui était encore demeuré en leur possession. Les hommes sont arrêtés, torturés.

       Le ghetto est divisé en secteurs, vidés un à un. Ils vont être emmenés au loin, dans des wagons, où? La mère parle de déportation.
       Un "gentil gendarme", dit qu'il ce qu'il a vu était trop inhumain, a quatre-vingts dans les wagons, juste un seau d'eau. Le gendarme a ajouté qu'il ne comprenait pas les Juifs : ils ne pleuraient pas, même les enfants, ils étaient comme des somnambules, comme privés de vie. Il voulait démissionner de la gendarmerie...

        Eva termine son journal, le 30 mai, " je ne veux pas mourir mon petit journal, je veux vivre !"

        Elle remettra son cahier à Mariska, la fidèle cuisinière de la famille, qui le rendra à la mère d'Eva, Agi. Qui le fera publier en Hongrie en 1948, juste avant de se suicider.

        Bouleversant, l'intime au quotidien dans un monde d'horreur.
 
Micheline Weinstock

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