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Micheline Weinstock

Au nom de la Loi, Samuel Blumenfeld, Bernard Grasset

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Samuel Blumenfeld, Au nom de la Loi, Bernard Grasset

Samuel Blumenfeld, Au nom de la Loi    Quel peut être le lien entre l’acteur Steve McQueen et la famille Bergelson ?

    En France, la toute première série télévisée, «Au nom de la Loi » (d’où le titre du roman),  a été diffusée en soirée.  L’action se déroule au Far-West et l’acteur McQueen y incarne un chasseur de primes.

    Lors de chaque épisode, la famille Bergelson est littéralement scotchée à son poste de télévision, comblant ainsi son vide. Le fils vit dans cette fascination et l’acteur devient ainsi un frère de substitution, processus encouragé  par la complicité de sa mère.

     Si la famille Bergelson est fidèle au monde juif et à Israël, son identité se révèle toutefois profondément morcelée. Trop ou trop peu, disent-ils, tout est tellement embrouillé - comme la Loi d’ailleurs. D’où sans doute sa fascination pour la série.

      Les rôles qu’incarne l’acteur vont cependant évoluer et dérouter totalement le jeune  spectateur, le modèle deviendra même encombrant. Le nouveau McQueen est insupportable, médiocre, il est devenu l’ennemi du peuple, « habillé à la manière d’un Juif du shtetl ». Il rejoindra la marginalité de son père.  Ce père aventurier, rêvant de trésor au loin, se laissant embrigader dans des trafics douteux et dont  les entreprises tournaient toutes au désastre.

      Le jour de ses vingt ans le jeune Bergelson voit sa vie chavirer, son acteur fétiche vient de mourir à l’âge de cinquante ans, son père revient de son expédition au Vénézuela - un retour en catastrophe -, la police l’attend et le conduit en prison. Toutes les idées de grandeur du père se sont envolées. Seule la mère, reste sur son nuage, toujours en dehors de la réalité.   

      Le frère de substitution honorant la Loi avait rejoint l’image du père, le hors le Loi. Comment s’y retrouver ?

      La construction du roman est intelligente et originale. Elle nous propose une belle réflexion, par le biais du cinéma, sur le sens et le rapport à la Loi et par extension au judaïsme. Intéressante description de la période d’après-guerre,  où le vide, les manques de repères, les deuils impossibles trouvaient une consolation auprès de fabricants  d’illusions.

      Les mythes qui avaient bercé l’adolescence du jeune Bergelson se sont évaporés. A présent, il est confronté à lui-même et à son autonomie à acquérir.

 Micheline Weinstock

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