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Micheline Weinstock

Shoah : dans l'atelier de la Mémoire. France, 1987 à aujourd'hui

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Floriane Schneider

« Shoah : dans l’atelier de la Mémoire .France, 1987 à aujourd’hui »

Editions Le Bord De L’eau.

        La mémoire de la Shoah sera toujours multiple, fluctuante et sélective.

         Aujourd’hui, 70 ans après la Rafle du Vel d’Hiv, plus de 40 % des Français déclarent en ignorer le sens. Chez les plus jeunes l’ignorance est encore plus marquée : jusqu’à 60 %. Alors que les publications sont de plus en plus nombreuses, que de nombreux lieux de commémorations sont mises en place et qu’une journée nationale de commémoration est instituée.

        L’étude est divisée en trois parties.

·      Première période, 1987-1998 :

        Juillet 1987 marque le premier procès  pour crimes contre l’humanité. Klaus Barbie se retrouve dans le box des accusés, défendu par l’avocat Vergès. Les médias sont sur place. Les témoins-victimes défilent à la barre. Ils sont nombreux et ont très souvent des expériences très différentes les uns des autres. Cet aspect est cependant occulté par les médias. Les regards sont centrés sur les enfants martyrs d’Izieu, une prise de conscience de l’horreur.

         A l’occasion de ce procès les témoignages se multiplient. La série Shoah de Claude Lanzmann est diffusée, suivi d’ « Au revoir les enfants » de Louis Malle.

         Grâce au procès Barbie, il devenait possible de mettre un nom,  un visage sur les victimes, des identifications semblent possible. Les bourreaux ont maintenant des noms, des visages.

            Mais la mémoire, devenant multiple commence à se déchirer.

            La notion de responsabilité s’impose. Les archives s’ouvrent.

·      Deuxième période, qui se superpose partiellement à la première, 1995-1997 :

             Janvier 1995 marque le cinquantième anniversaire de la libération des camps. Témoignages et lieux de mémoires se multiplient.

             Le Président Chirac évoque l’effroyable vérité de la Shoah, ainsi que le devoir de mémoire.

             Un apaisement semble perceptible au sein de la communauté juive.

             Les ouvrages de Browning, comme celui de Goldhagen élargissent le débat sur la notion de responsabilité. L’étendue de la spoliation est pleinement dévoilée. En même temps, l’image des sauveurs s’impose. Surtout depuis la création de l’association des enfants cachés.

            • La troisième période, de 1997 à aujourd’hui

            Marquée par l’ouverture des archives et la réparation, d’abord morale ensuite matérielle. Lionel Jospin s’y est engagé concrètement.

            Serge Klarsfeld publie en 2012 la dixième édition de son Mémorial, la diversité des expériences est reconnue.

            La mémoire collective s’organise maintenant autour de deux figures, l’enfant caché et le sauveur. Les films, « Monsieur Batignole » et « Le lien » en sont l’illustration.

             La conservation des documents, les traces en tous genres sont mis à la disposition du public. Des musées se créent, tant à Paris qu’en province.

             La mémoire collective s’est réorganisée, mais à contre-courant de la période précédente : marquée par l’apaisement. Les propositions de lois tendent à figer les souffrances, rendues encore plus douloureuses face à la renaissance de l’antisémitisme. La bataille de la mémoire semble donc bien engagée.

             Ouvrage richement documenté dont l’originalité consiste à aborder la construction de la mémoire de la Shoah en rapport avec  l’évolution de l’image de l’identité nationale française, elle-même tributaire de nombreuses fluctuations dues à des influences multiples mais souvent imperceptibles au premier regard.

             Belle étude.                          

Micheline Weinstock

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