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Micheline Weinstock

Ronit Matalon, De face sur la photo, Actes Sud

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Ronit Matalon, De face sur la photo, Actes Sud

 

Voici un roman qui rejoint la trajectoire de nombre de nos proches, Juifs originaires d’Egypte. Une communauté au passé glorieux qui s’est retrouvée chassée et dispersée. Certains sont partis s’établir en Israël, d’autres ont tenté leur chance en Afrique.

Ronit Matalon est née en Israël au sein d’une famille originaire des bords du Nil. Après avoir été journaliste au quotidien Haaretz, elle enseigne aujourd’hui la littérature  comparée et hébraïque à l’Université de Haïfa. Son roman a été traduit de l’hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech.

La présentation est originale : l’histoire d’une famille racontée à partir de photographies reproduites dans ce volume, clichés que lui ont prêtés par plusieurs familles. Instantanés emblématiques d’une histoire commune qui fonctionnent comme supports de mémoire et projections.

Esther, la narratrice, est une jeune adolescente israélienne plutôt débridée. Elle perçoit au quart de tour toutes les contradictions qu’elle vit intensément et les renvoie à chacun. Un lien tendre la rattache à Nonna Fortunée, sa grand-mère aveugle. Esther sera son regard, ayant retrouvé quelques rares photographies de la famille en Egypte que ses oncles n’avaient jamais pris la peine de préserver.  Négligence ou réelle offense au passé familial ?

Ces clichés, Esther les décrira à sa grand-mère qui les commentera,  assurant ainsi la transmission de cette mémoire familiale qu’elle pourra partager avec les autres membres de la troisième génération, ses cousins, qui ressentent encore dans leur chair les soubresauts, toujours perceptibles, de leur l’histoire

Un départ précipité mettra fin à ce qui fut une vie agréable en Egypte. Choix déchirant mais nécessaire car on étouffait sous l’abondance des pamphlets antisémites, une offensive en règle contre la communauté juive. Pour finir, la famille s’était repliée dans un dernier appartement situé dans une rue bruyante et populaire du Caire avant d’être acculée au départ : les ressources n’avaient pas tardé à s’épuiser. Aussi se sont-ils tous résignés à gagner Israël en avril 1954.

Sauf  l’oncle Cicurel, qui tentera sa chance en Afrique et épousera une jeune femme bretonne catholique, totalement étrangère à l’ambiance de sa famille d’origine mais dont les papiers français s’avéreront une aubaine. Le couple Cicurel se rendra en Israël pendant 48 heures, soit quelques heures à  peine pour chaque membre de la famille, autant de confrontations  pénibles pour tous.    

Le roman s’ouvre sur le départ en vacances d’Esther auprès de son oncle en Afrique. Découverte d’un univers qui la révolte : le monde glauque du néocolonialisme et l’occasion de revisiter, sans tabou aucun, la réalité de chacun des membres de sa famille.

 

Micheline WEINSTOCK

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