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Nathan Weinstock

Avrom Sutzkever, Le Ghetto de Wilno, 1941-1944, Denoël

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Avrom Sutzkever, Le Ghetto de Wilno, 1941-1944, Denoël

 

Le Ghetto de Wilno, 1941-1944 - Avrom Sutzkever    On connaissait Avrom Sutzkever, qui est décédé en 1910, comme éminent poète yiddish ainsi qu’en tant que rédacteur en chef de la prestigieuse revue israélienne Di Goldenè Kayt. Mais cette gloire littéraire - certes amplement méritée -  a peut-être fini par éclipser quelque peu son passé de résistant et de chroniqueur de la Shoah.

    C’est pourquoi il faut savoir gré à Gilles Rozier d’avoir entrepris la traduction de son témoignage sur l’extermination des Juifs de Wilno (Vilna en yiddish), rédigé à Moscou en 1944 et 1945, qui lui valut d’ailleurs d’être appelé à la barre comme témoin lors du procès de Nuremberg (où il ne fut cependant pas autorisé à témoigner en langue yiddish).

     Le document est présenté par le traducteur et préfacé par Annette Wieviorka, historienne spécialiste de la Shoah.

     Le témoignage de Sutzkever nous décrit bien évidemment l’horreur du ghetto ouvert dans cette cité qui fut la « Jérusalem de Lituanie » ainsi que la monstruosité de l’extermination méthodique de ses habitants à Ponar. Mais il contient surtout une mine d’informations sur la résistance morale au sein du ghetto, suivie de la résistance armée, méthodiquement organisée sous la direction d‘Itsik Vitenberg d’abord et d’Abba Kovner ensuite. Le récit de l’organisation de la vie souterraine dans les « planques »  et les égouts est proprement  hallucinant. Tout comme la description des unités de partisans juifs constitués dans les forêts. Il faut encore mentionner les efforts extraordinaires entrepris par Sutzkever et ses amis pour sauver des milliers de documents d’archives de la célèbre bibliothèque Strashun promises à la destruction par les nazis.

     Il faut formuler une réserve cependant, comme le relève d’ailleurs le traducteur. Dans la mesure où cet ouvrage a été publié en pleine période  stalinienne, l’auteur s’est vu contraint de se plier aux injonctions du pouvoir totalitaire en place. On ne s’étonnera donc pas – par exemple - que la seule résistance antinazie non-juive mentionnée dans ce témoignage soit celle des communistes. 

     Signalons aussi en passant que Sutzkever évoque avec beaucoup de chaleur la Mère Supérieure d’un couvent catholique polonais, qui avait été militante socialiste dans sa jeunesse à Cracovie et qui donna refuge à Abba Kovner et fournit des armes à la résistance juive. En raison du fait que cette noble figure devait ultérieurement quitter le voile, elle n’est jamais évoquée dans les récits polonais relatifs à la résistance à l’hitlérisme.

 

Nathan Weinstock

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