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Parachat Pinhas, chabbat 21 Tamouz 5773, samedi 29 juin 2013

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                                                                                 בס''ד                                                                                           
 
Esprit de toute chair
 
La section de la Thora qui porte en titre ‘’Pinhas’’ fils de Eleazar , petit-fils de Aharon ha cohen, s’ouvre par des paroles très élogieuses à l’adresse de celui-ci, et souligne avec emphase son grand mérite. Pinhas  s’est  enflammé de passion pour venger la profanation du nom divin en condamnant l’acte ignoble de Zimri et la Médianite, en les transperçant de son glaive.
Pinhas a ainsi mis fin à l’épidémie qui s’était répandue au sein du peuple d’Israël suite à l’ignominie publique de Zimri Prince de la tribu de Chimon, avec la Médianite.
En signe de reconnaissance pour son zèle, Pinhas est élevé par l’Eternel  au titre de Cohen , comme une alliance de paix .
Rappelons à cet effet que le pontificat avait été attribué à Aharon et à ses descendants nés avant qu’il ait reçu l’onction, uniquement. Eleazar le fils d’Aharon, revêtu des habits de Grand-Prêtre de son père, prend sa succession à son  décès conformément à la volonté de l’Eternel.
Moché Rabbenou appelé à son tour à connaître le terme de sa vie,  et à transmettre le flambeau de la direction du peuple, élève cette prière vibrante à ’Eternel : ‘’Que l’Eternel , le D… des esprits de toute chair, institue un chef sur cette communauté, qui sorte devant eux et passe devant eux, qu’il les fasse sortir et qu’il les fasse entrer , afin que la communauté de l’Eternel ne soit pas comme un troupeau sans pasteur’’ (Nbres XXVII – 16, 17).
Le  lecteur attentif au texte de la Thora, chercherait à comprendre le pourquoi après avoir fait tant d’éloges de Pinhas , couronné de l’alliance de paix de l’Eternel, il n’ait pas été choisi comme successeur de  Moché Rabbenou. 
Certes Pinhas avait toutes les aptitudes pour être porté à la tête du peuple d’Israël ; mais c’est sans compter sur son caractère de zélateur, qui le disqualifie . Une telle personnalité aura du mal à composer avec les différentes factions que forme le peuple. Il est impératif qu’un guide soit à l’écoute et fasse preuve de retenue.
Moché Rabbenou fait alors appel à l’Eternel ,  le qualifiant de ‘’D… des esprits de toute chair’’. Il   insinue ainsi que la qualité première requise chez l’élu à la tête du peuple, est
d’ être doté d’un esprit qui réponde à sa mission. Aussi, c’est Yehochoua bin Noun qui est choisi.
Pour saisir le sens de ce mot choisi ‘’rouhoth’’ – esprits ‘’ nous pouvons nous référer à cette anecdote rapportée dans le Talmud (guittine 31 b) :
Rav Houna et Rav Hisda étaient assis dans un lieu public. Vient à passer un érudit du nom de Guéniva. Le voyant venir , l’un dit à l’autre : nous devrions nous lever en signe d’honneur et de respect à l’approche de cet homme sage. Et son ami lui rétorque : Rendre honneur à un homme de querelle, est-ce bien  indiqué ?  En effet, Guéniva était souvent en désaccord avec Rav    ‘Okva  Président du tribunal rabbinique. Sur ces entrefaites, le maître Gueniva arrive à leur hauteur  et leur dit : A quelle étude étiez-vous occupés pour ne pas vous en distraire à ma vue  ? Ils lui répondirent : Nous devisions des ‘’rouhoth’’, des esprits ……
Il ressort de ce récit que nonobstant la grandeur d’un sage, d’un maître, et sa reconnaissance en tant que tel, le manque chez lui de relation humaine chaleureuse, pleine d’attention et d’amitié pour autrui, contribue à son isolement sur le plan social.
Ceci rappelle l’enseignement de Rabbi Hanina ben Dossa, qui disait : ‘’celui qui est aimé des hommes est aussi aimé de D…, et celui qui n’est pas aimé des hommes n’est pas non plus aimé de D…’’ (Pirké avoth chap. III michna 13).
Nous comprenons à présent  pourquoi Moché fait appel à l’Eternel  pour désigner un homme doté de ces qualités , en l’appelant ‘’D… des esprits de toute chair’’, voulant signifier par là que la valeur  première à rechercher chez un guide, c’est son art de l’approche des différentes composantes de la société , de leur porter toute son attention , avec compétence , respect et amour.
                            
 
Le Grand Rabbin Chalom Benizri
 
La Haftara est Jérémie 1-2 (20-22) 

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