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Parachath Behaalotekha, Shabbat 9 Sivan 5774 - 6 et 7 juin 2014

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Le cheminement

 
Le Talmud consacre de nombreuses pages aux lois relatives à l’adoption du judaïsme ‘’conversion’’ (traité yevamoth ) . Le code de la loi , le choulkhane aroukh (yoré déah) , s’en inspire et traite ce sujet en deux grands chapitres (268 – 269).
Parmi les enseignements de base énoncés dans le Talmud on découvre cette insertion ; ‘’ le candidat à l’adoption de la foi juive , de la Thora et des mitzvoth, pour être inclus au sein de la communauté d’Israël , une fois agréé par un tribunal rabbinique , passe en fin de parcours par une immersion dans le bain rituel ‘ ’ (yevamoth 47 b).
Cette étape franchie, ‘’le candidat passé dans le bain rituel acquiert dès sa sortie du bain,  l’identité juive et devient un membre de la communauté d’Israël à part entière’’.
Le Talmud s’interroge à propos de cette formulation et se demande  à quel aspect de la loi il est fait allusion à travers cette notification.   C’est, explique le Talmud,  pour indiquer  que dans le cas où le candidat se serait ravisé de son engagement au sortir du bain rituel, et qu’il aurait consacré une femme juive, son acte est valide ; celui-ci  n’est pas jugé caduque  du fait de l’abandon de son engagement antérieur. Ce converti  est considéré comme un membre de la communauté d’Israël  , qualifié de renégat .
Il ressort de ce décret de loi: ‘’le non juif converti conformément à la halakha, qui revient sur son engagement et retourne même à l’idolâtrie , on considère que sa consécration d’une femme juive est valide, cela induit que ce  converti conserve son identité de juif acquise , même qualifié d’ apostat. Et c’est effectivement cela l’arrêté de loi qui apparaît à la fin du chapitre 268 du code de la loi Yoré déah.
Cependant le Toré zahav (David Halevi Segal – 1586 – 1667) un des grands décisionnaires du 17e siècle, rapporte dans son développement du code de la loi à ce sujet, l’avis d’un des grands maîtres en matière de loi, auteur de halakhpoth guedoloth,  à l’époque des Gaonim au 9e siècle . La manipulation du vin par la personne convertie qui retombe dans l’idolâtrie ,  rend celui-ci impropre à la consommation. Ce vin est qualifié de ‘’yaïn nessekh’’, tel le vin porté en offrande par un balancement au culte idolâtre. Ceci semble en contradiction avec ce qui précède.
Le Toré Zahav précise alors  qu’il s’agit là d’une option rigoureuse, et qu’en définitive cette personne est considérée comme un juif renégat , et qu’à son égard on adopte l’attitude telle vis-à-vis d’un non juif en la matière.
Ce qui nous conduit à penser que selon  l’avis de Halakhoth guedoloth , la motivation du candidat à la conversion, relève fondamentalement, davantage d’une approche mentale et spirituelle à laquelle vient s’ajouter l’approbation  de la communauté juive à son égard.
C’est par souci d’un tel revirement du candidat à la conversion que Maïmonide explique  la raison pour laquelle , sous le règne du Roi David et du Roi Salomon , les tribunaux rabbiniques s’abstenaient d’accueillir  et d’agréer les candidats à la conversion.  Ils jugeaient que ces personnes étaient motivées par de vains attraits de la société de l’époque et ne pouvaient être des convertis sincères. Et néanmoins, un grand nombre de ceux-là avaient adopté  le judaïsme sous ce règne et ont été agréés par  un Beth Din non officiel , appelé Beth Din hediototh , soit un tribunal rabbinique composé de trois personnes dont une seule parmi eux possédait les  connaissances de la loi.  
Ainsi donc, le grand tribunal rabbinique de l’époque prenait en considération leur conversion après qu’ils aient effectué leur passage dans le bain rituel ; quand bien même  ils ne les intégraient au sein de la communauté juive qu’après une période probatoire.
En conclusion, Maïmonide décrète que les convertis de la sorte, sont considérés néanmoins comme des juifs à part entière, mais qu’il subsiste quelque réticence et le Beth Din devra enquêter à leur sujet , jusqu’à ce que la preuve soit faite que leur conversion était sincère.
Maïmonide accorde de l’importance à l’aspect pratique du processus de conversion , (circoncision, bain rituel) , et de ce fait, même si le candidat s’est  converti pour des raisons économiques , ou en vue d’épouser une fille juive, ou pour toute autre raison étrangère , dès lors qu’ il a accompli le processus de la conversion conformément à la loi, il est reconnu comme tel.
Maïmonide soutient par ailleurs  que la conversion dépend du Beth Din qui l’authentifie ; et en dépit du fait que celle-ci s’est effectuée devant un tribunal hediototh , elle est valide.  
D’aucuns adoptent une attitude plus rigoureuse telle que le Mordekhi * , un des grands décisionnaires, qui reconnaît et admet qu’une conversion dans ces circonstances  est reconnue valide en tant que telle , mais que nous devons attendre et examiner si la personne concernée observe les mitzvoth par la suite. Dans le cas contraire, sa conversion devient caduque rétroactivement.
Un avis analogue se retrouve également dans l’ouvrage ‘’sefer ha yachar’’. Ainsi  à propos de ceux que l’on surnommait les convertis ‘’par peur des lions’’ et qui seraient revenus à leur état antérieur , ils sont considérés comme non juifs ( comme en témoigne le texte : ‘’ils adoraient l’Eternel tout en rendant un culte à leur dieu , à l’exemple des nations que l’on avait exilées de ces contrées’’) (II Melakhim XVII – 32, 33) .
En conclusion l’ouvrage Sefer ha yachar, s’aligne sur l’avis du Mordekhi, et  considère également que dans ce cas de la non observance de l’engagement pris par le converti , son adoption du judaïsme est caduque à postériori.
Enfin, selon l’arrêté du code de la loi (yoré déah chap. 268 folio b), toute conversion certifiée par un tribunal rabbinique , est considérée comme valide dans toutes les situations, et cela  même si la personne est revenue à son état antérieur . On ne récuse pas la conversion à postériori , et le converti est assimilé à un juif renégat. C’est  pourquoi s’il a consacré une femme juive comme épouse, son acte est valide.
Il ressort de tout cela deux motivations principales pour l’adoption du judaïsme :
D’une part ,  le modèle de conversion par un cheminement personnel et jugé devant et validé par un tribunal rabbinique ,  ne nécessite pas une reconnaissance de la communauté d’Israël.
D’ autre part, la conversion comme une démarche spirituelle plus élevée s’effectue en accord avec tout le peuple d’Israël et sa reconnaissance.
Mais d’une manière comme de l’autre, la conversion est valide.           
Reste à savoir quelles sont les motivations et les intentions du candidat à la conversion  au départ.
Est-ce le souci de ses intérêts personnels ou de celui de l’ensemble du peuple d’Israël, ou encore , (plus important)la quête  de l’Eternel.
·      le Rabbin Mordekhaï fls de Hillel ha cohen – 1250 – 1298)
 
 
La Haftara est ZACHARIE 2,14-3
 

Le Grand Rabbin Chalom Benizri

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