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Parachat Korah, Chabbat 23 Sivan 5774, samedi 21 juin 2014

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Le mot d’ordre

 
Arrivés aux confins de la terre promise après 38 ans de pérégrinations à travers le désert du Sinaï, les enfants d’Israël souffrent du manque d’eau suite à la disparition du puits de Myriam.
 
Le puits de Myriam tari provoque le soulèvement du peuple qui reproche à Moché et Aaron de les avoir conduits dans ce désert aride. C’est alors que D… ordonne à Moché de saisir le bâton avec lequel il a produit les miracles en Egypte, et que lui et son frère Aaron parleront au rocher sous les yeux de la communauté rassemblée , et l’eau jaillira du rocher (Nbres XX – 7, 8).
 
Mais au lieu de parler au rocher, Moché le frappe de son bâton à deux reprises , et l’eau jaillit. Suite à cela , D… dit à Moché et Aaron : ‘’Puisque vous n’avez pas cru en moi pour me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, aussi ne mènerez-vous pas cette assemblée vers la terre que je leur ai donnée’’.
 
Moché et Aaron qui ont gouverné le peuple d’Israël sorti d’Egypte, et qui ont tant œuvré, sont condamnés à ne pas rentrer en terre promise. Cette tragédie pour Moché et Aaron a préoccupé grandement nos sages et nos exégètes. D’autant plus que l’on ne comprend pas à priori en quoi Moché et Aaron ont fauté pour mériter une telle punition.
 
Nahmanide écrit à ce sujet : cette question demeure un grand secret qui fait partie des mystères de la Thora.
 
 D’aucuns tentent néanmoins de donner leur opinion.
 
Rachi dit :’’ la faute c’est d’avoir dévié de l’ordre donné , celui de parler au rocher et non de le frapper’’. Le miracle sous l’effet de la parole aurait été davantage à la gloire de l’Eternel, car   le peuple se serait dit : si ce rocher inerte qui n’est pas doté de parole ni du sens de l’ouïe, et qui n’a nul besoin de subsistance , se conforme à la parole de D… ,alors, à fortiori nous, qui bénéficions de tout cela.  
 
Selon Maïmonide , la faute reprochée à Moché et Aaron , c’est d’avoir cédé à la colère et invectivé le peuple qui se plaignait , en l’interpelant par cette parole blessante: ‘’Ecoutez ô rebelles’’.
 
Ce débordement de colère contre le peuple pourrait amener celui-ci à l’erreur de penser que D… également est en colère contre eux. Ce qui n’est nullement indiqué dans le contexte.
De l’avis de Rabbi Hananel , la faute qui a coûté à Moché et Aaron le privilège d’entrer avec le peuple en terre sainte, c’est cette parole malheureuse : ‘’allons-nous extraire de l’eau …..’’.
 
Ce qui laisse entendre que Moché et Aaron auraient le pouvoir de faire sortir l’eau du rocher. Ils auraient du dire plutot : ‘’D… va-t-il extraire ….. ‘’ , ce qui aurait mis bien en exergue la sanctification du nom divin.
 
L’auteur du commentaire ‘Hidouchei Harim’’ trouve la faute de Moïse et Aaron dans l’usage de l’expression ‘’à leurs yeux’’ qui sous-entend que Moché était appelé à s’adresser au rocher, de telle sorte que le peuple voie la matérialisation de la parole plutôt que d’en avoir simplement la connaissance auditive. A l’exemple de ce qui s’est produit lors de la révélation de l’Eternel au mont Sinaï , où le texte dit que le peuple a vu les voix qui ne peuvent qu’être entendues ; en d’autres mots , la manière dont les enfants d’Israël ont perçu l’évènement de la théophanie , dépassait les limites des facultés humaines.
D… voulait que le peuple d’Israël , au pied du mont Sinaï, voie ; c’est-à-dire qu’il ait une connaissance éclatante de visu de la manière dont D… pourvoit à leurs besoins. En frappant le rocher , Moïse n’a pas réussi à transmettre ce message au peuple à ce niveau de perception.
Selon Nahmanide , le mot clé qui met en relief la faute de Moché et Aaron , c’est ‘’vayikadesh bam’’ - ’’ sanctifié par elles’’. Cela signifie que c’est par ces eaux du rocher surnommées les eaux de discorde , que D… a été sanctifié. Car tous les enfants d’Israël avaient assisté au miracle.
 
D’aucuns soulignent cette même expression ‘’vayikadesh bam’’ ’’ sanctifié par elles’’, comme se rapportant à Moché et Aaron , et non aux eaux du rocher , et concluent qu’à travers la condamnation de ces deux figures si éminentes, le nom de D… est sanctifié. Car en vérité Moché et Aaron n’ont pas failli à leur mission. Ils ont tout simplement manqué l’occasion de rendre hommage davantage encore à la gloire de l’Eternel aux yeux du peuple.
 
C’est de cet enseignement que nos Sages soutiennent que le rapport de l’Eternel vis-à-vis de l’homme se mesure entre l’œuvre réalisée effectivement par ce dernier en rapport avec ce qui est en son pouvoir et ses capacités de faire. Ainsi la personne pourrait se conformer à l’étude de la Thora et à la pratique des mitzvoth, et être néanmoins blâmée et punie du fait qu’elle pouvait accomplir des choses et a manqué de les faire.
 
Le talmud (sanhedrin 99 a) enseigne : toute personne qui peut s’adonner à l’étude de la Thora et ne le fait pas, est taxée d’avoir enfreint cette parole ‘’ki devar Hachem basa’’ – car il a méprisé la parole de D… (Deut. XV – 31).
 
Et dans le talmud (berakhoth 12 b) il est rapporté que celui qui peut solliciter la bonté de l’Eternel pour son prochain et ne le fait pas, est qualifié de mécréant (de pécheur) ; quand bien même il n’est écrit nulle part que l’homme est en devoir de prier en faveur de son prochain, et malgré cela , celui qui ne le fait pas est en faute parce qu’il aurait pu ainsi aider son prochain par la prière et ne l’a pas fait.
 
Et cela pour deux raisons :
 
D’une part , le manquement à l’occasion potentielle est considéré comme une atteinte délibérée.
D’autre part, la non intervention en favur du prochain résulte de la paresse, voire même de l’indifférence.
 
Le talmud (berakhoth 5 a) enseigne au nom de Rava ou de Rav Hasda : ‘’si une personne souffre , la cause est à chercher dans ses actes. Et s’il n’a rien à se reprocher , le motif du mal qui le frappe est à mettre sur le compte de la perte du temps pour l’étude de la Thora.
 
En somme, toute personne est appelée à donner le meilleur d’elle-même selon ses potentialités, ses facultés et ses moyens.
 
 
Le Grand Rabbin Chalom Benizri
 
 
La Haftara est Samuel 1, 11-12

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