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Parachat Balak, chabbat 7 Tamouz 5774, samedi 5 juillet 2014

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Le dernier passage de la section de la Thora ‘’Balak’’ met en exergue la machination de Bil’am prophète des nations, appelé à maudire Israël  sur la demande de Balak, Roi de Moav.

Profondément blessé , touché dans son amour propre et dans son orgueil, suite à son incapacité de maudire Israël , Bil’am conseille à Balak d’entraîner les enfants d’Israël dans la débauche et l’idolâtrie, conscient de l’importance fondamentale de la sainteté dans l’éthique juive.

Le talmud décrit avec maints détails la machination de Bil’am dont résultent  des évènements tragiques et effroyables. Les femmes de Midyane ont pour mission de séduire les chefs et les personnalités en vue parmi les enfants d’Israël, et de les détourner de leur fidélité aux enseignements de la Thora.

C’est ainsi qu’une des filles de Moav réussit à séduire Zimri , prince de la tribu de Chim’on et l’entraîne à cette infamie ‘’il emmena la midianite au campement d’Israël , et sous les yeux de Moché et de toute l’assemblée …..,  il fait outrage publique face à la tente d’assignation.

Dès l’abord, la Thora expose les déviances qui menacent l’intégrité du peuple des enfants d’Israël ….. Le peuple commença à se livrer à la débauche avec les filles de Moab ‘’elles invitèrent le peuple au festin de leurs dieux….. Israël se livra à Baal Peor  et la colère de l’Eternel s’enflamma contre lui. Un  fléau s’est abattu sur  le peuple et emporte  vingt-quatre mille âmes , et ne fut arrêté que suite à l’acte de bravoure de Pinhas fils d’Eléazar  fils de Aaron la cohen, qui prit une lance et transperça Zimri et sa moabite.

 Les moabites se livrent à deux formes d’idolâtrie , celle de Kemoch  (chap. XXI – 29)  dont le culte est sous forme d’offrande de sacrifices , alors que pour le dieu Peor , le culte en son honneur  consiste à se dévêtir et à faire ses besoins naturels devant ce dieu.

C’est ce que la Thora qualifie de Devar Peor. La nature gravissime de cette forme d’idolâtrie  par rapport toute autre, ressort du fait que celle-ci a provoqué la mort de vingt-quatre mille âmes, alors que la faute du veau d’or a provoqué la disparition de trois mille âmes. . 

Le pourquoi de cette particularité du culte de Peor, se trouve dans l’idéologie prônée par ce culte. En effet, Peor est le symbole d’une idéologie en vogue encore de nos jours . Celle-ci est composée de deux éléments : l’adoption d’une conduite de vie appliquée  à la nature innée de l’être  humain sans nulle pudeur ; nulle raison de retenue,  de sentiment  de honte , car ce qui est naturel c’est ce qui est bon !

Pourquoi l’être humain aurait-il des scrupules pour satisfaire ses besoins les plus naturels et les plus élémentaires , et s’en cacher ? On aurait même  espéré une telle attitude pour un  peuple qui prône la déférence envers l’Eternel. Ne serait-il pas plus indiqué aux  humains qui vivent au sein de la création dans sa perfection, de se fondre plutôt dans la nature créée , telle qu’elle se présente, et de l’exposer avec fierté telle que D… l’a créée sans l’embarrasser  de la moindre gêne. Ne serait-il pas naturel et mieux indiqué de soutenir  cette idéologie et l’encourager à s’exprimer à travers le  culte d’une divinité telle que Peor ?

Dans cet ordre de pensée , le culte de Peor apparaît comme une ode à la nature , selon une optique  philosophique avancée. Mais  le judaïsme rejette tout cela de manière catégorique ; et nous fait remarquer que la Thora s’ouvre  précisément par le dilemme entre l’inclinaison innée vers la nature qui nous porte, et le sentiment de réserve et de pudeur que nous devons développer.

Adam et Eve ayant commis le péché, acquièrent la faculté de discerner le bien et le mal. Et leur premier geste entrepris immédiatement c’est de se  confectionner des ceintures, et de couvrir leur nudité. Conscient qu’il n’est pas couvert, Adam s’écrie :  ‘’ki  ‘erom Anokhi’’ – que je suis nu- (Gen III – 10). Et plus tard, D… revêt d’un vêtement de cuir (de lumière) Adam et Eve.

Les kabbalistes développent  cette  pensée fondamentale  qui recouvre tous les éléments de la  création.  Ils s’inspirent de la permutation des lettres qui composent le mot ‘’berechith’’ , pour former le mot ‘’yeré bocheth’’  - éprouver le sentiment de  honte, ce qui est en  opposition au culte de  la nature, à l’état originel,  et  son débordement à travers le culte de Peor.Le rôle de l’homme est plutôt réservé à l’élévation de son état initial pour le porter à la perfection. Depuis l’époque du culte de Peor et jusqu’à nos jours, nombreux sont ceux qui ne prêtent pas foi à cette vision théologique selon laquelle il appartient à l’homme d’achever  l’œuvre divine.

Dans le midrach Tanhouma est rapporté cette question de l’Empereur Antonin à Rabbi Akiva : - ‘’A qui reconnaître les œuvres les plus  merveilleuses, est-ce à  l’Eternel ou à l’être de chair et de sang ?

-‘’ c’est l’œuvre de l’homme qui est plus valeureuse’’ ; et pour étayer cela, Rabbi Akiva donne l’exemple du grain de blé  qui  par l’œuvre de  l’homme donne le  pain. Ou encore le fil de lin tissé par l’artisan , pour en faire  une étoffe.

-‘’ et  l’ablation de l’excroissance du prépuce , dit l’Empereur,  la circoncision chez le bébé , ne serait-elle pas une atteinte à l’œuvre de l’Eternel ? ‘’    

Rabbi Akiva avait pressenti ce qui se dissimulait dans la question de l’Empereur , et c’est pourquoi il lui donne une réponse qui s’étend à toutes les mitzvoth de la Thora, à commencer par la mitzva  de la circoncision jusqu’à l’excroissance du fruit de l’arbre dont le fondement est la pudeur.

Toutes les mitzvoth concourent  à ce projet livré à l’homme, celui d’œuvrer pour élever la création à un stade plus haut. Aussi,  l’idéologie du culte de Peor est rejetée . C’est pourquoi de façon symbolique, la sépulture de Moché Rabbenou se trouve dans le pays de Moav face à Baal Peor  (Deut. XXXIV – 6). Comme si la Thora a voulu délibérément mettre en opposition l’abomination du culte de Peor, de son idéologie stigmatisée de façon évidente face à la Thora de Moché Rabbenou. La Thora appelle l’homme à être le partenaire et le collaborateur de l’Eternel dans l’œuvre de la création ; et de reconnaître que tout ce qui est naturel n’est pas nécessairement beau ; il relève, selon la formule consacrée de cette parole  ‘’acher bara Elohim laassoth’’ – que l’Eternel a créé pour ce faire-  , soit d’un processus de création continue , livrée à l’humanité.

 

Le Grand Rabbin Chalom Benizri

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