Pessah 5771

Ecrit par Grand Rabbin Sépharade de Bruxelles le 18 avril, 2011

Merci au Grand Rabbin Sépharade de Bruxelles, Chalom Benizri, de partager ces réflexions avec nousLes mille . et une nuit

La nuit du seder occupe une place des plus prestigieuse dans la transmission du patrimoine culturel et cultuel du peuple juif.

Le cérémonial du seder, l’ordre établi selon un programme minutieusement orchestré , renferme en lui les principes fondamentaux de l’éducation et de l’instruction dans la conscience juive.

Le rituel émaillé de lecture de textes inspirés et extraits de la Thora, ou encore composés par nos Sages, rythme de manière symbolique et significative, le déroulement de cette nuit pascale.

Dans tous les foyers juifs, réunis en famille autour de la table de fête, le récit du passage , la haggada de Pessah, est ouvert devant chacun des participants.

Et dès le premier abord, le ton est donné. Ce n’est pas le dire qui préside à la transmission, ce n’est pas la méthode préconisée cette nuit, dans notre volonté d’instruire, énoncé par le verbe  »amor » , ou le verbe  »daber ».

C’est le vocable  »hagued » qui a la préséance, l’acte posé qui est mis à l’honneur , tel l’exemple donné par le psalmiste :  »Les cieux racontent la gloire de D. et le firmament proclame l’ouvre de ses mains . Point de discours, point de paroles ; leur voix ne se fait pas entendre » (Ps. XIX – 2 et 4).

Cet acte éducatif fait appel au verbe  »hagued », qui n’apparaît qu’une seule fois , pour souligner cette approche de l’enfant  » véhigadta lebinha – tu diras à ton fils – ».

C’est uniquement au sujet des ordonnances de l’agneau pascal , du pain azyme et des herbes amères, que Rabane Gamliel recommande leur rappel obligatoire par le verbe.

Montrer du doigt ces symboles et les saisir en mains, ne suffit pas. Il faut les accompagner par un développement. Mais pour le reste, c’est l’exemple vivant, personnel , qui marque l’esprit de l’enfant ou du disciple. D’où la pratique des différents rites accomplis cette nuit du seder, par tous les convives autour de la table de fête.

L’étonnement provoqué par ces rites inhabituels, éveille la curiosité, et suscite beaucoup d’intérêt, et de questionnement.

L’assistance découvre ce que représentent ces faits et gestes accomplis, et les aliments utilisés sur le plan symbolique. L’intérêt grandissant est en rapport avec l’attention que les assistants accordent à ces événements rapportés dans le récit de la haggada.

Aux questions soulevées, au niveau du grand comme du petit, viennent s’accorder les réponses attendues , et de la sorte l’art de la transmission s’exprime de la façon la plus éloquente.

Les réponses données doivent satisfaire l’un et l’autre ; l’enfant selon sa nature, sa perception, et ses capacités intellectuelles, comme l’adulte . et le vénérable chenu.

En somme, les réponses doivent être nécessairement modulées , c’est de la sorte qu’elles pourront être accueillies et intégrées par chacun des convives.

Les multiples facettes du développement donné, permettent à cette nuit de porter le nom de  »leil chimourim », une nuit réservée telle une date marquante tant pour l’Eternel que pour les enfants d’Israël. En effet, c’est là le sens de ce rendez-vous de l’histoire à ne pas manquer, car cette délivrance vécue dans le passé, se perpétue dans le présent et se projette dans l’avenir messianique tant attendu.

 »Leil chimourim » évoque la sauvegarde vécue à la sortie d’Egypte, et lors de la traversée de la mer des Joncs, et la réception de la Thora au mont Sinaï, et la traversée du désert au terme de quarante ans de pérégrinations.

 »Leil chimourim » nous ramène au serment de D. avec le patriarche Avraham, et à travers lui , avec tous ses descendants. Une nouvelle génération fait la conquête de la terre promise, en prend possession et s’y installe.

Appelé à réaliser sa vocation au sein des nations, le peuple juif connaît l’exil et la dispersion ; il aspire à assumer son rôle de dépositaire de la loi, avec abnégation , toujours avec l’espoir de voir poindre la venue du Machiah à tout instant.

Voilà pourquoi nous formulons avec ferveur ce souhait renouvelé chaque année

Puissions-nous l’an prochain assister à l’instauration de la paix et à la construction de Jérusalem dans sa plénitude.

Pessah casher vésaméah

Le Grand Rabbin Chalom Benizri

18Avr

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