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Faute avouée est à moitié pardonnée

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בס''ד
 
 
Faute avouée est à moitié pardonnée !
 
Dans l’ordre des cinq livres qui composent la Thora , Vayikra occupe la troisième place.
Ce livre renferme tout particulièrement les lois relatives au Temple, au service sacerdotal des prêtres et au culte sacrificiel ; il est qualifié de ‘’traité des cohanim’’ – ‘’torath cohanim’’.
Ce livre contient deux cent trente quatre des six cent treize commandements de toute la Thora.
 
La première section intitulée ‘’Vayikra’’ – et il appela’’, traite notamment de certaines crises sociales où les dirigeants du peuple sont mis en examen. Ces personnalités font corps avec la situation sociale et morale de leur génération ; ils reflètent par leur conduite son état mental et spirituel.
La section ‘’vayikra’’ expose le cas de dirigeants coupables de délits dans différents domaines.
Ainsi la Thora énonce: ‘’Si c’est le pontife oint qui a péché au détriment du peuple …..’’ (Lev. IV – 3).
Ou encore : ‘’Si toute la communauté d’Israël commet une erreur, de sorte qu’un devoir se trouve méconnu par l’assemblée, que celle-ci contrevienne à quelqu’une des défenses de l’Eternel et se rend ainsi coupable …’’ (Lev. IV – 13)
Et enfin: ‘’Si un prince a péché en faisant par inadvertance quelqu’une des choses que l’Eternel son D… défend de faire, et se trouve ainsi en faute …..’’ (Lev. IV – 22).
 
Nos Sages attirent notre attention sur la différence de style employé dans la description des offrandes d’expiation apportées par ces hautes personnalités coupables , énoncée au conditionnel. Ainsi, à propos des fautes qui relèvent du responsable de la direction religieuse, il est dit : ‘’Si le pontife oint a péché….’’.
 
De même pour le coupable responsable du code de la loi : ‘’Si un individu viole par mégarde ….’’.
Alors qu’en ce qui concerne la direction du peuple, la Thora n’utilise plus le conditionnel, mais dit : ‘’acher nissi yehéta’’ – lorsqu’un prince ….’’.
 
Rabbi Yohanane ben Zaccaï retient de cette distinction de langage, cet enseignement qu’il énonce sous forme de sentence : ‘’Heureuse est la génération dont le prince à sa tête apporte un sacrifice pour une erreur commise par inadvertance. Car si tel est le verdict pour la faute commise par inadvertance, quelle en sera l’exigence de la Thora pour une faute commise délibérément (Horayoth 10 b).
Cette leçon de Rabbi Yohanane ben Zaccaï, nous suggère qu’à travers le récit des égarements des hauts responsables, l’on découvre un élément éclairant sur le plan moral et social. En d’autres termes, la publication de la faute d’un guide sert de leçon et nous éclaire.
 
Dans le récit du Roi David , qui a failli dans ses rapports avec Bathcheva, et que le prophète Nathan a sévèrement réprimandé, il nous est enseigné la grandeur du Roi David. En effet, bien que détenteur de tous les pouvoirs, il n’a pas donné ordre de mettre aux fers le prophète , ou de l’exécuter, comme cela fut le cas pour le prophète Jérémie en son temps.
 
Le Roi David reconnaît plutôt sa faute et proclame : ‘’J’ai péché vis-à-vis de l’Eternel’’, et accepte humblement les remontrances du prophète Nathan. Nous pouvons ajouter que le
Roi David a calqué sa conduite sur celle de Yehouda, fils de Yaacov.
En effet, lorsque Yaacov bénissant ses enfants au terme de sa vie, réprimande Reouven l’aîné, ainsi que Chim’on et Levi, pour leurs exactions dans le passé, il épargne Yehouda.
 
Pourquoi cela ?
 
Car au moment où Yaacov bénissait ses enfants, Yehouda a eu un mouvement de recul, craignant que son père lui rappelle son égarement avec sa belle-fille Tamar. Mais il fut surpris d’être plutôt félicité pour avoir avoué et reconnu son erreur et proclamé : ‘’Elle est plus juste que moi’’ (Gen. XXXIIX – 26).
 
Le patriarche Yaacov a décelé en cela la force de caractère de Yehouda qui lui a valu d’être appelé à la direction de toutes les autres tribus d’Israël.
 
La personne chargée de gouverner le peuple, et capable de reconnaître son erreur et d’assumer ses responsabilités, fait rejaillir honneur et gloire sur tout le peuple.
Cette attitude dénote qu’au sein du peuple également règne une prise de conscience des responsabilités et des engagements de chacun des membres de cette collectivité.
 
 
Le Grand Rabbin Chalom Benizri

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