L’abandon des Juifs polonais 1933 – 1939

Marc-André Charguéraud le 3 février, 2013

L’abandon des Juifs polonais

1933 – 1939

 

Cet article est extrait d’une nouvelle série de :
« 50 autres idées reçues sur la Shoah »
nouvelle série qui sera publiée en 2013.

Cordialement vôtre, Marc-André Charguéraud
Trouvez également dans mon blog, les articles récemment publiés.
La Shoah revisitée (
http://la-shoah-revisitee.org)

Consultez aussi mon site :Expliquez-moi !
Actualité économique et financière. Compréhensibles par tous, quelques lignes situent le problème et suggèrent des solutions

 

Entre 1933 et 1939, les démocraties occidentales ont accepté six fois plus de réfugiés juifs du Reich que de Pologne[1] : 359.000 contre 54.000, bien que la population juive initiale de Pologne ait été quatre fois supérieure : 3.300.00 Juifs contre 869.000 pour le Reich.[2]  Cela signifie que seulement 1,6% des Juifs polonais ont trouvé refuge en Occident. Un pourcentage dérisoire comparé à celui de leurs coreligionnaires du Grand Reich  qui s’élève à 37%. Là s’arrête l’énumération de ces chiffres brutaux, tragiques et accusateurs. Accusateurs, car ils font le procès d’un Occident qui a abandonné la Pologne, alors que se préparent les feux de la Shoah. Quelles qu’en soient les raisons, un score aussi piètre peut-il se justifier ?
>> SUITE de cet article »

Films

Moïse Rahmani le 25 août, 2012

RHODES

RHODES un Pan de Notre Mémoire – © Institut Sépharade Européen

Journée de la Mémoire des juifs de Rhodes & Cos, le 26 janvier 2012
A.N.P.I. l’Association nationale des Partisans d’Italie – Institut Sépharade Européen
© Enzo Pardo

Commémoration de la déportation des juifs de Rhodes
à la Synagogue Sépharade de Bruxelles, le 4 Septembre 2011

 

CONGO

Témoignages de Juifs du Congo

Mémoires du Congo

Habonim – Congo Scouts 1948

Juifs du Congo, la confiance et l’espoir

Noirs et Juifs – Le grand malentendu

 

Juifs des pays arabes, l’exode oublié

Emission retransmise par la chaine « Al Jazeera » le 10/09/2010

Intégrale de l’interview de Moïse Rahmani par « Al Jazeera »
le 14/08/2010 – Parc Phoenix, NICE
Son livre a aussi été évoqué  « Réfugiés juifs des pays arabes »
– Seuls quelques très courts extraits ont été diffusés –
Vidéo amateur (son très mauvais)

 

Relevées sur le Web

Parfois amusantes, consternantes, émouvantes …

Exode oublié – Juifs des pays arabes Emission Al Jazeera

Moïse Rahmani le 13 septembre, 2010

Al Jazeera a consacré, ce week-end, une émission, préparée il y a plus d’un mois, aux Juifs des pays arabes.

 L’émission et l’interview sont au
http://sefarad.org/videos/JuifsDdesPaysArabes_AlJazeera.php

Une équipe est venue m’interviewer plus d’une heure le 14 août 2010. Mon épouse a filmé, d’assez loin, sur un appareil de photos, ce qui explique la mauvaise qualité du son.

Je me suis exprimé en français, sauf au début, où je me suis présenté et souhaité aux téléspectateurs un bon Ramadan, en arabe égyptien.

Les questions posées (l’intervieweur voulait que je reprenne sa question, comme si je faisais un monologue)  allaient dans un sens très spécieux :

Pourquoi les Sépharades haïssent-ils les Arabes ?

Pourquoi Israël ne veut pas d’un état palestinien ?

Comment vivions-nous dans les pays arabes ?

Les Juifs ont été encouragés au départ par Israël.

Israël et les organisations juives ont payé les gouvernements arabes pour que les Juifs partent.

Les Juifs ont reçu de l’argent pour quitter les pays arabes.

La seule partie de l’interview qui ait été diffusée me fait parler de la dénaturalisation des Juifs devenus égyptiens en 1922 (l’Egypte jusque-là vassale de l’Empire ottoman, devenue indépendante, avait adopté une loi accordant la citoyenneté égyptien à toute personne née dans l’Empire et résidant en Egypte à cette date. Mon grand-père, z  » l, le devint, mon père, z  » l, né en Egypte le devint aussi. En 1947, son passeport lui fut retiré et nous devînmes apatrides.

J’ai raconté cet épisode dans mon livre « L’Exode oublié, Juifs des pays arabes » paru aux Editions Raphaël, Paris, en 2000 et réédite par les Editions Luc Pire, de Bruxelles, en 2006 sous le titre « Refugiés juifs des pays arabes, l’Exode oublié ». Cet ouvrage traite du problème non reconnu à ce jour des Juifs chassés ou forcés au départ des pays arabes.

J’ai aussi dit – et cela a été repris, qu’il y avait  quatre-vingt mille Juifs en Egypte et qu’il en reste  seulement une  cinquantaine aujourd’hui et sur le  million de Juifs vivant alors dans les pays arabes, il n’en restait, aujourd’hui, que quatre mille environ.

Lors de notre entretien, j’ai insisté sur un fait très important : dans mon ouvrage je cite une quarantaine de témoignages de Juifs vivant dans les pays arabes. Aucun, je répète aucun, ne contient de haine contre les peuples qui nous ont spoliés et chassés. D’ailleurs, à la fin de l’interview, un des journalistes qui n’avait, manifestement, pas compris et ignorait tout du sujet, m’a demandé, off records, « si je comprends bien, vous tenez les Arabes pour responsables de votre départ ! » Ma réponse a été très claire : nous n’en voulons pas aux Arabes mais à leurs gouvernants qui nous ont chassés, exception faite du Liban dont le gouvernement et l’armée n’ont  pas négligé de protéger la communauté juive (signalons que la population libanaise était en grande partie chrétienne maronite) mais les Juifs du Liban sont partis vers d’autres pays où les problèmes de sécurité ne se posaient pas.

J’ignore dans quel sens  cette émission a été pensée. Je crois, sans grand risque de me tromper, que la chaine voulait montrer que les Juifs étaient des «  ingrats », eux qui étaient si bien traités, qu’ils sont partis en emportant des milliards, alors que la vérité est qu’ils ont quitté leurs foyers avec une valise, voire un baluchon, sans biens de valeur, parfois un seul bijou leur était autorisé, et que, dans certains cas, en Egypte au moins, en 1956-1957, il leur était interdit d’emporter leurs photos ! Mais je vous renvoie à mon livre.

Nous devons faire traduire en français toute cette émission afin de comprendre dans quelle direction ce débat a été orienté.

Moïse Rahmani