L’Eglise protestante allemande, une volonté coupable d’oubli. 1945-1950

Marc-André Charguéraud le 1 septembre, 2013

L’Eglise protestante allemande,

une volonté coupable d’oubli.

1945-1950

 

L’antisémitisme et l’antijudaïsme toujours présents

retardent toute repentance. 

Dans les années qui ont suivi la guerre, les dirigeants de l’Eglise confessante de Martin Niemöller prennent la direction des Eglises évangéliques d’Allemagne (EKD). [1] On était en droit d’attendre que l’Eglise reconnaisse une part de culpabilité dans la catastrophe juive. Il n’en fut rien. Le « contexte » de l’époque ne s’y prêtait pas, a-t-on plaidé ! Une excuse inacceptable.

Quel qu’en soit le prix, sa propre réconciliation interne fut la priorité de l’Eglise. L’exemple de Siegfried Leffler est choquant. Il fut l’un des initiateurs du mouvement des « Chrétiens allemands ». Il proclamait que Hitler était un envoyé de Dieu sur terre. [2] A la défaite, il est emprisonné. Mais dès 1949, l’EKD le réadmet comme pasteur et lui confie, aussi stupéfiant que cela paraisse, le poste de porte-parole de l’Eglise de Bavière.[3]
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